Analyse politique des derniers évènements

Nous vous proposons une analyse politique de la guerre qui se joue actuellement entre Menzingen, qui souhaite à tout prix se ralier, et les prêtres résistants, en particulier les membres du groupe « la Sapinière ».

 


Préambule – Historique des derniers événements

  • 28 février 2013 – Publication d’une lettre ouverte à Monseigneur Fellay.
  • 1er mars 2013 – Fax interne de M. l’abbé de Cacqueray critiquant la lettre et son mode d’action.
  • 4 mars 2013 – Réponse de la Sapinière au fax du 1er mars.
  • 7 mars 2013 – Communiqué de Menzingen-Suresnes sur La Porte Latine et à tous les prêtres de la FSSPX niant le soutient de 37 prêtres.
  • 7 mars 2013 – Fax interne informant de la sanction prise contre 3 prêtres de la Sapinière et annonçant la publication prochaine de la déclaration doctrinale dans Cor Unum.
  • 8 mars 2013 – Réponse de la Sapinière au communiqué du 7 mars.
  • 9 mars 2013 – Publication par la Sapinière de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 que Mgr Fellay avait envoyé au cardinal Levada.

 


Introduction

La finalité de notre étude sera de dégager différentes observations quant à la nature des forces en présence et quant à leurs modes opératoires, leurs techniques, et leurs faiblesses. Nous serons également amenés à émettre plusieurs hypothèses concernant des faits difficilement explicables. Ces différentes considérations nous mènerons à proposer une plus grande prudence à ceux qui sont engagés dans le combat actuel.

 


 

La situation

Situation des réfractaires

Trois abbés sur les trente-sept sont découverts. Ils sont suspendus de leurs fonctions et invités à comparaitre dans un « procès canonique ».

Dans le cas où ils seraient des acteurs majeurs, voir des meneurs du groupe, ce serait là une perte importante pour la Sapinière (dans la suite du texte, « la Sapinière » signifiera le groupe des 37) et pour toute la résistance. M. l’abbé Rioult a toutefois répondu que la Sapinière continuera ses activités. Ce qui a d’ailleurs été fait le 9 mars 2013 en publiant la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 de Mgr Fellay. Cette dernière action est un coup porté à Menzingen, puisque ceux-ci avaient pris leurs dispositions en prévenant1 tous les prêtres de la FSSPX que la déclaration serait publié dans le bulletin interne Cor Unum avec une note explicative.

De nombreuses questions d’ordre prudentielles se posent dans cette « arrestation » rapide et simultanée de ces trois abbés, nous y reviendrons.

 


Situation de Menzingen

Menzingen a réagit de manière très rapide à la lettre ouverte. Ce qui pourrait dénoter plusieurs éléments :

  • Menzingen savait à l’avance qu’une telle publication allait voir le jour ;
  • Menzingen a été « blessée » par le contenu ;
  • Menzingen s’est trouvée inquiète devant cette signature de trente-sept prêtres ;
  • Menzingen souhaite donner une plus grande attention à la guerre de l’information (réactivité et communiqués sur Internet).

Ces quatre éléments sont hypothétiques et potentiellement cumulables. Cette réaction à grande échelle (communiqués internes puis sur internet, conférence de Mgr Fellay le 1er mars 2013 à Nantes, conférence de M. l’abbé Pfluger le 3 mars à Reims) marque la prise au sérieux du potentiel scandaleux de la lettre ouverte. C’est au moins une reconnaissance de l’importance du coup porté à Mgr Fellay et à son équipe.

En peu de temps, Menzingen a réussi à obtenir un grand nombre d’informations qui paraissent bien trop essentielles pour être découvertes par hasard. La circulaire de M. l’abbé Thouvenot est à cet égard la preuve d’au moins une chose : Menzingen parle d’enquête, mais cela ressemble plus à un espionnage et à du piratage.

Menzingen affirme posséder des informations précises :

  • Mgr Williamson serait derrière cette affaire ;
  • Mgr Williamson aurait donné une copie de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012 (ce qui semble s’avérer exact, puisque la Sapinière l’a publié le 9 mars 2013 via son site) ;
  • la Sapinière ne représente qu’une poignée de prêtres (élément démenti par la réponse de M. l’Abbé Rioult). Ce dernier élément montre que l’un des deux camps ment objectivement.

Menzingen ne peut cacher sa peur devant la publication de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012.

Ceci posé, il ressort que Menzingen est très bien informé sur les trois prêtres mis en cause et sur leurs futures actions. Nous devrions en tirer diverses mesures prudentielles.

 


 

Considérations pratiques

Les trois abbés découverts

En ce qui concerne les trois abbés découverts, il semble plus prudent qu’ils se soumettent aux monitions de leur Supérieur. Ceci afin de gagner du temps et d’éviter les situations problématiques. Il conviendrait encore qu’ils détruisent toutes leurs données numériques et autres supports en leur possession. Ils sont constitués prisonniers, la guerre au dehors n’est plus entre leur mains. Ils devront jouer leurs cartes juridiques du mieux qu’ils le peuvent. Par mesure de prudence, nous n’écrirons pas ici d’autres considérations.

 


La Sapinière

La principale action à mener était effectivement la publication avant Cor Unum, de la déclaration doctrinale. Cependant, il aurait mieux valu la faire publier par un autre site pour se prévaloir de l’accusation d’une telle publication. Il aurait par ailleurs été judicieux d’envisager un mode de communication plus large pour leur lettre ouverte et pour la déclaration. En effet, de nombreux prêtres et fidèles ne suivent pas les sites Internet opposés aux accords et se contentent de La Porte Latin et de DICI.

La seconde chose à faire sera d’entreprendre une réorganisation du groupe, orientée vers une plus grande sécurité. Ceci est vital ! On se souviendra que deux des trois abbés n’étaient pas prieurs mais seulement des subordonnés vivant dans un prieuré (territoire potentiellement hostile). En pratique, il faudrait :

  • respecter les usages concernant la sécurité de l’authentification (changer fréquemment les mots de passe, utiliser des mots de passe complexes, utiliser l’authentification en deux étapes avec un code envoyé par exemple via SMS) ;
  • utiliser un code pour verrouiller ordinateurs et téléphones portable (et ne pas oublier de les verrouiller) ;
  • chiffrer les fichiers qui doivent être stockés sur un ordinateur ou un support amovible ;
  • n’utiliser que des moyens personnels de communication (téléphone, boite mail) ;
  • pour la communication, ne pas utiliser les mêmes comptes qu’habituellement (créer une adresse mail spécifique, utiliser une autre carte SIM ou empêcher l’affichage de votre numéro de téléphone) et ne jamais écrire sa véritable identité ; utiliser, s’il le faut, un langage coder ;
  • se méfier des mails (ne pas charger les images, ne pas envoyer de messages à un inconnu, ne pas ouvrir les pièces jointes inconnues, même non-exécutables ; certaines méthodes simples permettre de récupérer l’adresse IP, d’installer des logiciels malveillants ou de récupérer des informations) ;
  • être discret avec les autres (clercs ou laïcs, quel que soit leurs avis) ;
  • un ami peut ne pas l’être ; une personne mécontente peut devenir un traitre ;
  • ne pas être crédule : en temps de guerre, tous les moyens sont bons, notamment l’hypocrisie, la tromperie, l’espionnage, les enquêtes, la surveillance, le piratage, la manipulation ;
  • sécuriser son site Internet.

 


 

Analyse des évènements

Depuis pas moins de 220 ans la situation de l’Église en France se dégrade. Et que font les catholiques ? Ils se font décapiter par des maîtres plus malins, plus habiles, ayant compris le fonctionnement de la politique. N’est-il pas temps que nous arrêtions d’être aussi minables ? L’échec est compréhensible, mais la préparation est répréhensible. Le péché n’est pas tellement dans la condescendance de nos faiblesses, mais plutôt dans l’approche de la zone rouge.

Deux voies s’offrent à nous : agir à découvert ou agir dans le secret.

La première voie est celle choisie par Civitas. Ils utilisent les moyens que le système actuel veut bien leur laisser, comme un chien à l’égard de son maître. Leur avenir est démocratique, mais à la mesure de leur connaissance ; ainsi veulent-ils tout au plus prendre quelques places d’adjoint ou de conseiller dans les micro-communes. On les a donc entendus se vanter d’une belle prouesse : faire sonner les cloches d’une église communale. Il n’y a aucun doute, le règne du Christ-Roi (notion qu’il serait bon de comprendre) est proche …

La seconde voie ne semble pas plus glorieuse. Les sites ferment, sont piratés, les gens sont démasqués, les pseudonymes tombent, tout comme les sanctions. Les gens vont et viennent dans le plus grand désordre. Peut-on même prétendre que le microcosme des internautes dépasse celui des vieilles mégères de nos paroisses ? Tout le monde fait chauffer le clavier, le cœur palpitant et les boyaux agités, mais où sont les résultats du « combat » ? Peut-être d’ailleurs qu’il n’y a pas qu’Internet et qu’il existe un monde au-delà …

Alors que faut-il faire ? Tout.

Tout, mais avec prudence et intelligence. Agissons au jour quand l’action requiert le nombre ou l’usage de la loi, comme à travers les associations. Soyons dans le secret quand l’action est dangereuse. Mais le secret ne peut durer, car la réalité nécessite un combat à visage découvert. Ne vous y trompez pas, il faudra un jour faire tomber le masque. Ne vous y trompez pas non plus, la guerre est sale et dure. Très dure.

Ils sont 37 prêtres. La FSSPX en France pourrait-elle se passer de 37 prêtres et des autres encore inconnus ? Pourquoi donc rester anonyme et attendre de se faire démasquer ? Le mal est maintenant là : Menzingen a subtilement agit en ne décapitant que le trio de tête ; la peur va scléroser les résistants, les trois prêtres sanctionnés vont devenir des pestiférés que la seule approche nous vaudra d’être considéré comme conspirationniste contre la théocratie modernisante fellaienne.

Les textes resteront dans les archives gigantesques d’Internet. Dans 6 mois, nous n’aurons pas oublié, mais quel en sera le résultat ? Le nettoyage de la FSSPX avancera toujours aussi sûrement. Il n’y aura plus de lettre des trois évêques. Peut-être y aura-t-il encore quelque friture sur la ligne, mais l’accord finira par être signé car les supérieurs de la FSSPX le veulent. Qui a un plan pour après ? Vu le texte de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012, la situation sera pire qu’à la fraternité Saint Pierre quelques années après l’accord. Tout le monde, sauf quelques vieux fous, sera content du relâchement bienvenu. De quoi nous faire regretter l’institut du Bon Pasteur.

Agissons plus intelligemment que nos ennemis, tantôt dans le secret, tantôt à découvert. Prévoyons sur le long terme et unissons-nous, clercs et laïcs. Pour cela, nous avons besoin d’un chef et le temps presse.

 

Thomas Audet et Jean Tollmache
Pour Stageiritès

 


1 Voir le fax interne informant de la sanction prise contre 3 prêtres de la Sapinière et annonçant la publication prochaine de la déclaration doctrinale dans Cor Unum.