Méthodologie du combat doctrinal

Voilà maintenant une année que la « crise » au sein de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X a éclaté au grand jour. Au fur et à mesure des événements, divers « organismes » à travers le monde se sont constitués en réaction à la politique de ralliement menée par les supérieurs de cette fraternité (FSSPX dans la suite du texte). Nous avons pu assister à de nombreuses scènes de débats théologiques et parfois philosophiques entre les partis opposés. Cependant, il nous semble que plusieurs points non négligeables ont échapper aux différents protagonistes de cette lutte. C’est ce que nous allons essayer de développer dans cet article.

 


Première partie : comme une impression de déjà-vu

Nous avons en effet remarqué que, mis à part certains de nos proches amis, l’armement intellectuel du « courant de résistance » semble s’épuiser et, parfois, produit plus d’agitation que de réelles contradictions à l’encontre de nos adversaires. Nous l’avons vu par exemple en discutant de la question de l’existence de la juridiction dans la FSSPX. Mais cette caractéristique semble s’accentuer de plus en plus à mesure que le temps passe, au point que l’on en vienne à publier certains articles aux fondements forts douteux[1]. Et lorsque nous nous attardons sur les nombreuses discussions que nous pouvons lire sur les forums ou par courrier, il saute aux yeux que le manque de méthode, et par suite le défaut d’analyse, nuise souvent à la meilleure des bonnes volontés. Il nous sera ainsi régulièrement proposé en guise d’argumentaire des querelles de faits[2], ressemblant à « Mgr Fellay a dit ceci ou cela à telle date alors qu’il avait dit le contraire à telle autre date ».

Comme une impression de déjà vu en effet. N’est-ce pas justement le manque de formation surtout méthodologique et philosophique qui engendra une si grande perméabilité de l’immense majorité des catholiques aux nouveautés du Concile Vatican II dans les années 60-70 ?

Cette impression de déjà-vu se transforme même en un terrible axiome bien connu : « l’histoire se répète » ; lorsque nous portons notre attention sur les causes naturelles et politiques de ce que fut l’échec du Coetus Internationalis Patrum : un manque d’organisation purement naturelle ! La règle est pourtant simple : un groupe qui désire fonctionner correctement doit se conformer à des règles politico-sociales élémentaires : tout d’abord, un chef, ensuite, la pratique des vertus politiques (Prudence, Justice, Force, Tempérance), mais surtout trois catégories de membres : les membres contemplatifs (les penseurs), les politiques (les décideurs) et les laboratores qui sont l’élément le plus nombreux : le peuple qui pourvoit à la sustentation de l’ensemble[3] – Qu’attend donc la Résistance ?

 


Pour l’heure : la question méthodologique

La faiblesse qui apparait le plus souvent au sein de la résistance est d’abord méthodologique. Pour exemples, il devrait être connu que l’on ne réfute pas un argument adverse à coup de simples citations bibliques ou à coup de citations de Mgr Lefebvre, ou de tel ou tel prêtre ou évêque de la FSSPX. Tout simplement parce que ce n’est pas la méthode du combat théologique.

Nous le savons tous, en théologie, l’argument décisif est l’argument d’autorité, comme l’explique Saint Thomas d’Aquin[4]. Cependant, il convient de définir ce que l’on entend précisément par là et d’en tirer l’ébauche d’une véritable méthodologie « disputative ».

Pour commencer par l’argument le plus décisif par son infaillibilité, celui de l’autorité des Saintes Écritures, il faut se souvenir d’une première règle méthodologique : l’exégèse des textes bibliques est souvent explicitée, et parfois de manière définitive, par les docteurs et les pères de l’Église, mais surtout par certains conciles ou certains décrets émanent du Saint-Siège ; ceci le plus fréquemment lors de la condamnation d’hérésies.

Il convient donc, dans l’argumentation, de ne pas s’engager par témérité dans la citation de textes bibliques « bruts » sans vérification et référence à l’appui de son sens orthodoxe. Cela vaudra également pour les écrits des Pères de l’Église (on pensera par exemple à certaines formules parfois platonisantes de saint Augustin manquant de précision, et donnant par là-même la possibilité d’interprétations erronées) ou même pour les documents imprécis de certains conciles anciens (celui d’Orange par exemple). Parce que, comme on le sait, des controverses ont eu lieu dans l’Église sur les conclusions qu’il fallait tirer des textes bibliques, des écrits des Pères et des thèses des théologiens catholiques. Or, ces controverses sont maintenant dirimées dans l’Église, particulièrement pour ce qui est du péché originel, de la grâce, du miracle, de la liberté humaine face au bien, sans parler des questions de droit Canon[5]. Ce qui, n’en déplaise à certain, conduit directement à la condamnation de leurs théories et de leurs systèmes, même s’ils prétendent lutter pour le bien.

Les solutions aux difficultés d’ordre théologique se cherchent en science de théologie dogmatique catholique[6]. Pour les Pères, la règle du discernement a été énoncée une fois pour toutes par l’Aquinate et elle s’applique à lui comme aux autres docteurs : « La doctrine des docteurs catholiques tient son autorité de l’Église. C’est pourquoi il faut s’en tenir à l’autorité de l’Église plus qu’à l’autorité d’Augustin, ou de Jérôme, ou de n’importe quel docteur. » [7]

Sans le savoir, nous pouvons rapidement glisser dans des erreurs ayant été l’objet d’anciennes controverses, aujourd’hui tranchées par l’Eglise. Ainsi, on ne peut plus s’appuyer sur un texte sans vérification dogmatique, serait-il biblique ou des Pères ou, à plus forte raison, de Mgr Lefebvre ou de tel abbé de la FSSPX. L’interprétation et la conclusion orthodoxe de ces textes ou de ces controverses est maintenant connue, elle est obligatoire.

Mais le problème est plus vaste : l’ignorance du Réel comme donné objectif et indépendant conduit à l’idéalisme.

Le fait même est patent. Pour ne parler que de ce point, il est très rare de trouver une analyse pertinente sur ce qu’est cette organisation structurée de manière forcément naturelle qui sévit à Rome. Et même, nous somme portés à croire qu’elle ne passe pas chez nombre d’entre nous pour ce qu’elle est vraiment. Il faut affirmer avec force et sagesse que l’église conciliaire est une structure naturelle réelle d’hommes organisés en vue de la disparition du catholicisme au profit du mondialisme maçonnique.

Pourquoi cet aveuglement chez la majorité des auteurs de la Tradition ? Parce que depuis trop longtemps nous avons oublié les fondements de l’ordre naturel et par suite les bases substantielles de l’ordre surnaturel et donc les lois qui régissent les connexions voulues par le Dieu entre ces deux ordres ; et cela fait vaciller la connaissance et la compréhension même de l’ordre surnaturel (si ce n’est la foi elle-même). Il est en effet inutile et même contradictoire de vouloir expliquer la nature de l’église conciliaire, ou la nature de ses erreurs dans l’ordre surnaturel. Il en est de même des déviances de Menzingen et de ses adeptes[8]. Le surnaturel étant la nature Divine communiquée à la créature intelligente par la libéralité Divine, comment l’erreur, l’hérésie ou le péché pourraient-ils se fonder ou s’expliquer par ou dans l’ordre surnaturel ?

Il est de première nécessité d’effectuer un retour au réel, par une saine méthodologie : connaitre le réel naturel avant de s’engager en théologie.

 


 

Deuxième partie : examen de la question du réel

Lorsque l’on parle du réel, on signifie expressément la Création (et ses causes) en tant que celle-ci existe objectivement et effectivement. Le réel est à la fois la création, ses causes (Dieu), et l’ordre de la création (ordre naturel et ordre surnaturel). Telle est la matière du raisonnement en tant qu’intellection du réel.

La notion du réel est le principal problème dans l’incompréhension actuelle de la réalité en elle-même, fût-t-elle circonscrite aux domaines ecclésiale ou théologique.

Il convient en premier d’ébaucher une définition de ce que l’on nomme la science : toute science est une connaissance certaine par les causes. Ainsi, on définit une science par son objet. Et l’objet d’une science se confond ontologiquement avec sa fin. Cette définition de la science est un préliminaire non facultatif à la compréhension de la méthode d’obtention de la science.

Par exemple, l’objet de la science médicale est la santé de l’organisme humain, il s’ensuit nécessairement que le maitre en science médicale ira chercher ses renseignements et ses connaissances, quant au fonctionnement de l’organisme, puis des dysfonctionnements de celui-ci, dans l’observation et l’analyse du réel, à l’échelle de l’ordre qui le concerne : celui de l’organisme humain. Il en est de même pour toutes les sciences selon leur objet propre.

Ainsi, le maître en science philosophique, et par suite le maître en science théologique, recourra à l’observation de la réalité dans son ordre, c’est à dire dans tout l’ordre naturel pour le philosophe et dans l’ordre naturel et dans l’ordre surnaturel pour le théologien.

À cela il n’est point téméraire d’ajouter que chacun d’eux devrait commencer leurs études par des considérations premièrement philosophiques, bien sûr, mais spécifiquement de science politique car : le politique est le dispositif central de l’ordre naturel[9] . Or, si la connaissance de l’ordre naturel précède la science théologique c’est qu’en effet, comme nous l’avons dit ailleurs, pas d’ordre surnaturel sans ordre naturel. Et par conséquence logique, pas de grâce sanctifiante sans une âme naturelle en l’homme possédant une puissance obédientielle naturelle, pas de Révélation sans intelligences naturelles réceptives de celle-ci, et même pas de théologie sans raison naturelle, sans capacité cognitive naturelle, c’est-à-dire sans ratio adaptée à l’intelligence humaine ; enfin, pas de baptisés sans hommes en chair et en os. A ce point de vue, comme à tous les autres, l’ordre naturel est premier : pas de théologie sans système philosophique[10].

Cette question du réel est donc primordiale, car il s’agit précisément de comprendre et de dépasser le fait que dans notre civilisation postrévolutionnaire, c’est l’existence même de la réalité des choses qui est niée par la majorité de l’humanité. Et nous sommes malheureusement portés à croire que la négation, au moins implicite, de l’ordre naturel chez bon nombre de nos clercs traditionnalistes, est une tare foncièrement révolutionnaire et moderniste aux conséquences désastreuses[11]: la négation du réel et donc la négation de la Volonté Divine. Or, Dieu n’étant pas distinct de ses facultés, nier le réel en niant l’ordre naturel, c’est nier Dieu lui-même.

Cette apostasie implicite de nos milieux conduit nécessairement à une immense faiblesse d’ordre intellectuelle : paresse intellectuelle, volontarisme, moralisme, surnaturalisme, augustinisme politique, jansénisme, apparitionisme (surtout chez les fidèles) etc. Mais surtout idéalisme et idéologie : la conviction par exemple que tout allait bien en 1950 dans l’Église, que les écrits de Mgr Lefebvre sont exempts d’erreurs ou que nos abbés (aussi vaillants soient-ils) possèdent la science infuse.

Il faut donc étudier ce qu’est précisément le réel, ce qu’est précisément l’ordre naturel, ce qu’est précisément la connaissance humaine, et ce qu’est cette connaissance dans l’ordre théologique et philosophique (le premier ne va pas sans le second). Pour ce faire, il faudrait discuter ce qu’il est devenu courant d’appeler « le problème critique », entendant par-là, le problème qui consiste à savoir si notre connaissance est valable, si la connaissance est possible et donc étudier le processus de la connaissance humaine. De fait, nous serions amenés à discuter le postulat idéaliste. Mais nous n’avons pas une telle prétention dans un si bref article.

 


Quelques mots sur l’idéalisme et l’essence du réel

Puisque c’est une exigence du réel, nous ne développerons pas ici la valeur de la connaissance humaine contre les thèses idéalistes ou sceptiques, car il n’y a pas d’idéalisme spontané[12] ! En effet, le sens commun se réfère spontanément et directement, premièrement et essentiellement, au réel concret. L’homme mange, boit, agit, avant de se demander si ce qu’il mange, ce qu’il boit ou ce qu’il fait est réel ou simplement une illusion construite par son esprit. Nous exposerons donc ce qu’est le réel, sans nous intéresser ici à la question « critique ».

Nous l’avons dit, nous partons d’abord du réel ; toute autre attitude conduit directement à l’idéalisme et donc à l’idéologie et à son caractère philosophique au moins habituel (au moins implicitement en acte, si non formulé de manière explicite par le sujet qui possède un tel habitus mental), qui se traduira en pratique par l’échec dans les applications. Le premier point d’appui dans toute science et toute connaissance est premièrement l’ordre naturel et par suite l’ordre politique. Ainsi, la première méthode que devraient observer les protagonistes actuels du combat d’idée, concernant la crise de « l’église romaine » ou de la FSSPX, prendrait la forme qu’applique le Père Bernard de Menthon à la science politique :

« À la différence des idéologues modernes, nous ne commençons pas par percevoir la Cité comme un idéal abstrait ; il est nécessaire de partir du concret. C’est pourquoi la politique sera une science inductive[13]. On n’attirera jamais assez l’intention sur les dangers de l’idéologie politique, même pour la bonne cause ; c’est malheureusement une tendance de l’esprit français par suite de l’influence cartésienne. On aura tendance à construire de belles idéologies politiques complètement déconnectées du réel. Émettrait-on des propositions justes et vraies, si elles ne sont pas induites, elles risquent de mener tout droit à l’idéologie. »[14]

Toute conception du philosophique et du politique qui ne procède pas (dans un premier temps) de la méthode d’induction, c’est à dire de la conformation de la pensée au réel, est une idéologie, opposée en elle-même à la réalité de la Création, et conduira aux plus graves erreurs. On imaginera sans peine les conséquences effroyables d’une telle erreur prolongée dans l’énoncé d’une « théologie ».

 


Définition du réel par rapport à la notion de vérité[15]

A. Définition de la vérité

Plusieurs définitions existent, cependant une seule est réellement conforme à la pleine notion de vérité :

veritas est adaequatio rei et intellectus.

C’est à dire : la vérité est l’adéquation entre la chose et son intellection.

La notion exacte et l’essence propre de la vérité, qu’elle soit ontologique, logique et/ou théologique, c’est à dire dans le sens le plus foncier et le plus universel du mot, c’est que la vérité exprime une relation entre deux termes. Nous avons d’un côté la « chose vraie » et de l’autre l’intellect, la connaissant. On en conclut qu’une chose doit être en rapport avec un intellect pour qu’il y ait une vérité. La vérité sera donc la saisie par l’intelligence du réel concret, de l’essence, de la forme de l’être de la chose (quiddité) appréhendé par l’intelligence[16]. C’est la conformité de la pensée au réel.

 

B. Le réel est premier dans l’ordre même de la notion de vérité.

Or, c’est précisément ce que nous voulons montrer : le réel, qui est cette chose vis-à-vis d’une intelligence, est l’un des deux termes nécessaires à l’existence de la vérité, donc le réel existe sans nécessairement être pensé par l’homme[17]. Ceci fonde l’objectivité totale de la réalité par rapport à toute construction spéculative et théorique ; c’est ce qui ruine définitivement tout idéalisme et ce qui fonde toute science. Le réel est donc tout d’abord distinct de l’intellect créé, qui le saisi dans l’acte de la connaissance, mais également premier par rapport à lui. Il est paradoxalement capital aujourd’hui d’affirmer la réalité du réel. C’est à dire la réalité entière de la Création, de ce qui est créé par Dieu, que ce soit d’ordre naturel ou d’ordre surnaturel.

La vérité en-soi est comme une augmentation de noblesse pour le Réel en-soi, et entraine une perfection de la Réalité, puisqu’elle est une reconnaissance par l’intelligence de ce qu’est la Réalité en elle-même. Connaitre le Réel est la première façon de rendre gloire à Dieu. Car quel est cet être, cette vérité vers lequel ou vers laquelle naturellement notre intellect est ordonné (et ce dans l’ordre naturel et dans l’ordre surnaturel) : Dieu lui-même.

Ainsi cette conformation, cette adaequatio de notre intelligence avec le réel, c’est accomplir la volonté Divine dans l’actualisation de nos capacités naturelles en vue de notre double finalité ultime. Et cela prendra d’abord racine dans l’induction de l’ordre naturel, et donc dans l’ordre politique qui serviront alors de base à la connaissance théologique[18].

 

Rapide énoncés sur la différence entre la connaissance rationnelle intrinsèque et la connaissance rationnelle extrinsèque – Les deux types de vérité appréhendée par l’intelligence

On distingue deux types de connaissance : une connaissance spéculative naturelle, qui est un travail de la raison, et un autre type de connaissance obtenue par l’adhésion à un donné reçu, auquel la confiance est suscité par l’autorité dont jouit celui qui l’enseigne.

Dans le domaine de la science philosophique, l’argument d’autorité n’a pas de valeur absolument décisive et viendra en dernier, à la suite de toute l’argumentation, tandis que dans la science théologique, science de la Révélation enseignée par Dieu, c’est précisément l’inverse. C’est ce que nous montre Saint Thomas d’Aquin dans sa méthode d’exposition de la Somme contre les Gentils, où l’argument d’autorité vient, s’il y a lieu, uniquement conclure le raisonnement, tandis que dans la Somme théologique, l’Aquinate commence son exposé par l’argument d’autorité.

Il résulte de cette distinction entre les types de connaissances une autre remarque concernant l’objectivité du réel naturel : une vérité ne tire pas sa véracité du fait qu’elle soit énoncée par Aristote ou par Saint Thomas, mais parce qu’Aristote ou Saint Thomas n’auront justement fait qu’expliciter le réel. Une vérité naturelle est vraie, d’abord parce qu’elle est réelle.

 


 

Conclusion

Nous avons souvent pu lire : « les catholiques de tradition manquent de formation, les catholiques de traditions ne s’instruisent pas, etc. »[19] Mais c’est souvent pour le lire sous la plume d’éminents idéalistes dénués de toute connaissance des premiers principes et de la méthode qui la précède ! Car enfin, comme l’enseigne Saint Thomas d’Aquin : « Avant la science, il convient de rechercher la méthode de la science. »[20]

Au reste, ceux d’entre nous qui ne désireraient pas s’astreindre au travail qu’exige le réel, c’est-à-dire à cette méthode, et qui nieraient même ses fondements ; ceux-là devraient, au moins par vertu, songer à l’utilité de se taire. « Tous les bouffons possibles sont bien les maîtres de battre l’air tant qu’ils voudront »[21]

Nous ne serions pas si sévères si le travers habituel que nous dénonçons n’avait pas des conséquences pratiques inquiétantes : une incapacité pratique à s’organiser en structure dans les rangs de la résistance, doublée d’un spontanéisme juvénile dans les décisions d’ordre politique au cours des événements.

 

Thomas Audet
Pour Stageiritès

 


[1] Voir par exemple l’excommunication de JRC, article qui fait fit du droit canon sur la sentence d’excommunication, malgré les charges pesant sur la personne concernée.
[2] Par ailleurs non dénués d’intérêt.
[3] Lire, De la dissociété, Marcel de Corte.
[4] Somme théologique (ST), Ia, q 1, a 8, ad 2.
[5] Sans que cette liste prétende d’ailleurs à l’exhaustivité.
[6] Par exemple dans le Précis de théologie dogmatique de Mgr Bartmann, manuel de base au séminaire français de Rome. Ce manuel nous parait de loin le plus concis par la date de son édition et la justesse de son exposé (en effet, il faut toujours utiliser la version la plus récente lorsqu’on cherche un appui dans le domaine dogmatique, à cause de « l’évolution du dogme » dans sa partie explicative, par exemple l’Immaculée Conception n’était pas un article de foi obligatoire au XVIIIème siècle).
[7] Saint Thomas d’Aquin, ST, IIa IIae, q 10, a 12.
[8] Nous renvoyons le lecteur à nos articles sur la notion de Nature, et les notions d’ordre naturel et d’ordre surnaturel.
[9] Bernard de Midelt, in Le soleil d’Aristote illumine l’Occident, AFS tiré à part N°198, p.8.
[10] L’enseignement de Saint Paul ou de Saint Jean sous-entendent nécessairement un système philosophique même sans corpus doctrinal définit ; exemple : comment auraient-ils enseigné leur doctrine surnaturelle si leur auditoire niait le principe d’unité, de vérité ou de (non-)contradiction ?
[11] Cette négation prend souvent la forme de la théorie de l’exigence de surnature dans la nature humaine. Que ce soit de manière explicite ou implicite : il suffit d’affirmer l’erreur suivante (contre saint Thomas, De Veritate, Q 14, Art 2) : que l’homme possède une unique finalité ultime surnaturelle. Cette exigence de surnature est condamnée par Saint Pie X (Pascendi, 1907) et Pie XII (Humani Generis, 1950).
[12] Louis Jugnet, Connaitre la pensée de saint Thomas d’Aquin, chapitre Valeur de la connaissance.
[13] Induction : qui ce conçoit par l’observation rationnelle du Réel concret extérieur, c’est-à-dire tiré de l’expérience sensible, et pour l’exprimer plus formellement : des lois de la nature. (légitimité de l’induction : cf. par exemple : Henri Collin, manuel de philosophie thomiste, critériologie, n°511 et n°512)
[14] Cité par Bernard de Midelt, in Le soleil d’Aristote illumine l’Occident, AFS, tiré à part n°198, p10-11.
[15] Dans cette question de la connaissance, de la science, du réel et même des liens entre théologie et philosophie, il faut absolument brûler les livres de Maritain, et se procurer : Joseph de Tonquédec, Valeur de la connaissance, Beauchesne, 1929. Louis Jugnet quant à lui, expose dans un magnifique chapitre « Foi et Raison » ces mêmes questions dans son incontournable Connaître la pensée de Saint Thomas d’Aquin.
[16] Cf. Joseph de Tonquédec, Valeur de la connaissance, Beauchesne, 1929, Appendice VIII p. 509.
[17] Par contre le réel en soi n’existe QUE parce qu’il est pensé par Dieu.
[18] Nous rappellerons que tous les séminaristes sont astreints à six années d’études : d’abord deux années de philosophie naturelle pure puis seulement, une fois les principes intelligés, il s’en suivra quatre années de théologie.
[19] Le Courrier de Tychique en fait souvent son refrain favori. Mais pas seulement.
[20] « Ante scientiam opertet inquirere modum sciendi » in Boetium de Trinitate, Chapitre 2.
[21] Les Soirées de Saint-Pétersbourg, VIIème entretien, note XIII in Oeuvres de J. de Maistre, p. 684, Robert Laffont, 2007.