La politique et les catholiques de tradition

Essai sur le printemps français catholique

Préambule – Du printemps arabe au printemps français catholique

Le printemps français est un détournement du printemps arabe, formule idéologico-sentimentale apposée par les médias aux révoltes que les islamistes ont suscitées dans les « dictatures » de l’Afrique du Nord en 2012. Ce nom a été repris depuis par plusieurs collectifs ou associations opposés à la nouvelle loi institutionnalisant le mariage homosexuel. Civitas en fait partie, l’ayant au passage augmenté du qualificatif « catholique ». Il y aurait donc un printemps français catholique.

Au printemps arabe correspondrait ainsi en France un printemps français. Il s’agit donc d’une espérance onirique de soulèvement populaire utilisant le schéma idéologique de 1789. ce nom de « printemps » élaboré par les chantres de la pensée unique pour le monde arabe fut récupéré par les droites morales et moralistes  contre les lois iniques de la République Française.

Il y a donc chez les propagateurs de l’idée d’un printemps français catholique, un élément foncièrement nécessairement démocrate. Cet élément l’est plus clairement encore lorsqu’il s’agit pour ces mêmes gens de vouloir agir par le Système, comme nous l’évoquerons brièvement ci-après.

Mais là n’est pas le cœur de notre propos. La corrélation entre printemps arabe et printemps français catholique, ne se situe pas uniquement sur le plan idéologique. Ce qui frappe l’observateur attentif, c’est qu’il existe un lien entre Islam et printemps arabe qui se retrouve à un degré différent, quoiqu’essentiel, dans le printemps français version « catholique traditionnaliste », c’est ce que nous allons démontrer.

 


 

1ère partie – Une conception idéologique de la science politique

À l’accusation que leur printemps français catholique serait démocrates, la plupart des catholiques « traditionnalistes » rétorqueront, sûr d’eux, par un de leur tour de passe-passe verbal habituel :

 « Mais nous ne sommes pas démocrates, ni révolutionnaires, nous sommes catholiques ».

Cette assertion bien caractéristique de nos milieux laisse transparaître le malaise provoqué par un certain doute résiduel sur la légitimité du système démocratique, suivi habituellement d’un réflexe augustiniste. Mais qu’est-ce donc que d’être catholique en politique ?

Pour comprendre le printemps français catholique,  il convient d’analyser ce que pensent et enseignent les mentors de celui-ci, et plus spécialement, analyser les fondements principiels qui les animent et les incitent à mener des actions politique par le Système.

Nous nous poserions volontiers la question qui relève du domaine pratique, et qui permettrait de comprendre s’il est réellement possible de lutter par des moyens démocratiques contre la démocratie,[1] puisqu’en fait d’action politique, il n’existe pour le printemps français catholique que des manifs, des pétitions, des participations aux élections et la volonté de lobbying. Mais passons sur ces détails (pour le moment) et prenons le fait : les « tradis » ne sont pas démocrates. Mais que sont-ils alors ?

 


Analyse des principes directeurs du printemps français catholique

Ce printemps français catholique est surtout  porté dans notre famille de pensée par l’Institut Civitas. Nous allons nous pencher sur les principes qui orientent cet institut bénéficiant de tant de soutien dans la FSSPX et chez les catholiques traditionnalistes en général.

« En matière doctrinale, l’Institut Civitas ne prétend nullement inventer de nouveaux concepts. Civitas cherche à être le plus fidèle possible[2] à la Doctrine Sociale que l’Église (DSE) a toujours prônée et qu’elle a spécialement développée durant le XIXème et le XXème notamment dans les encycliques des Papes. »[3]

Cette présentation doctrinale se rapproche étrangement de celle d’autres courants de pensée traditionnalistes pourtant souvent hostiles à Civitas et à ses méthodes : le MJCF par exemple se revendique lui aussi de l’enseignement de la DSE en matière politique.[4]

La question devient donc : la DSE est-elle le fondement de la Science Politique ?

 


La science politique est-elle née au XIXème siècle avec la DSE ?

La DSE ést apparue récemment dans l’histoire de l’Église, sous l’impulsion de Léon XIII et des papes au début du XXème siècle. Si l’unique fondement de la science politique était cette DSE, il faudrait donc croire que la science politique daterait de cette époque, et que toute autre conception de la science de la cité serait illusoire et fausse. Au contraire, l’histoire des idées nous montre que la Cité est l’objet plurimillénaire de la pensée des philosophes, des politiques et des intellectuels en général. Nous allons donner une synthèse de cette pensée, telle que la présente l’école réaliste d’Aristote, de saint Thomas d’Aquin et de leurs disciples.

 

Citation du Père Bernard de Menthon :

« À la différence des idéologues modernes, nous ne commençons pas par percevoir la Cité comme un idéal abstrait ; il est nécessaire de partir du concret. C’est pourquoi la politique sera une science inductive.

On n’attirera jamais assez l’intention sur les dangers de l’idéologie politique, même pour la bonne cause ; c’est malheureusement une tendance de l’esprit français par suite de l’influence cartésienne. On aura tendance à construire de belles idéologies politiques complètement déconnectées du réel. Émettrait-on des propositions justes et vraies, si elles ne sont pas induites, elles risquent de mener tout droit à l’idéologie. »[5]

 

Trois précisions de Saint Thomas d’Aquin qui montrent l’existence et la nécessité de la science politique.

1. « La cité se présente comme l’œuvre maîtresse parmi les produits de la raison. »[6]

2. « Le tout constitué par la cité est sujet de certains jugements rationnels. »[7] Ce qui signifie que puisque la cité est un tout, son étude dégagera des jugements universels et permanents sur la Politique, autrement dit, le Sage développera une science politique.

3. « Il se révèle nécessaire à l’achèvement de la philosophie d’élaborer sur la Cité une doctrine appelée science politique. »[8]

 

Conclusion sur la science politique : il existe donc bien une science politique qui est une intellection  de l’ordre naturel. Ni Aristote (et pour cause), ni saint Thomas ne nous parlent d’une science politique (la DSE) qui serait révélée par Dieu et détenue de la même manière que le dogme, par l’Église catholique romaine.

 


La science politique n’est pas un produit de la Révélation, elle n’est pas surnaturelle

La science politique n’est pas subaltérnée[9] à la théologie. C’est-à-dire que ses principes ne proviennent pas et ne se trouvent pas dans la Révélation, ni dans l’enseignement de l’Église catholique au titre de doctrine divinement révélée.

Il est faux d’affirmer : « C’est dans l’Évangile que les princes chrétiens recherchaient les principes directeurs de leur gouvernement, et les philosophes chrétiens les principes de leurs philosophie ».[10] Nul-part on ne trouve dans l’Évangile ou même dans la Tradition la mention de principes philosophiques ou politiques (exemple : les notions de substance ou d‘accident, alors que ces notions philosophiques sont pourtant capitales pour expliquer le dogme de l’eucharistie, on n’y trouve point non plus l’exposer des quatre causes, ou celui des neuf prédicaments, ou de la tripartité dans la cité pour ce qui est du politique). C’est exactement le contraire qui se passe : les théologiens utilisent la philosophie née de la raison confrontée au réel par ses principes pour exprimer le dogme et le préciser.

Pour ce qui est de la science politique en tant que telle, Saint Thomas est allé chercher chez Aristote la confirmation de ses principes politiques, intelligés dans la réalité concrète de l’ordre naturel par induction. Il a en effet commenté largement la Politique et l’Ethique d’Aristote.

Et ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’alors que saint Thomas ne nous est séparé que de sept siècles, lui-même l’était de seize siècles par rapport à Aristote. Saint Thomas est allé chercher chez un penseur païen ayant vécu avant l’Incarnation, les principes de sa science politique.[11] Avant l’Incarnation, donc avant la naissance de l’Église, donc bien avant toutes possibilité d’une quelconque « doctrine sociale de l’Église ».

 


Ce qu’en dit la Doctrine Sociale de l’Église elle-même

En fait de science politique dans nos milieux, il ressort une sclérose intellectuelle sur l’étendue de la Doctrine Sociale de l’Église. Cela tient au fait suivant que nous comprendrons par une analogie entre l’état de la philosophie moderne et contemporaine et celui de la science politique chez les catholiques depuis trois siècles.

Comme dans le domaine philosophique, cela fait bientôt trois cents ans que les philosophes se focalisent sur la « question critique »[12] en voulant par celle-ci concevoir entièrement la philosophie ; de même, les catholiques en général et notre famille de pensée en particulier, s’enferment dans la question des rapports entre Église et État, croyant par là clore la question du politique. Sur cette dernière question des rapports entre le politique et le religieux, l’enseignement de la Doctrine Sociale de l’Église  est particulièrement clair :

« Chacun d’eux, le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil, dans son ordre est souverain … Chacun d’eux est donc circonscrit dans une sphère où il peut se mouvoir et agir en vertu des droits qui lui sont propres… » [13]

« C’est donc à l’Église, non à l’État, qu’il appartient de guider les hommes vers les choses célestes, et c’est à elle que Dieu a donné le mandat de connaître et de décider de tout ce qui touche à la religion. » [14]

« Il faut admettre que l’Église, non moins que l’État, de sa nature et de plein droit, est une société parfaite »[15]

Pour autant, entre ces deux puissances, la DSE ne voit pas de séparation stricte :
« Il est donc nécessaire qu’il y ait entre les deux puissances un système de rapports bien ordonné. »[16]

Ce système de rapports bien ordonné peut d’ailleurs aller jusqu’au traité entre l’Église et l’État :
« Des temps arrivent parfois où prévaut un autre mode d’assurer la concorde et de garantir la paix et la liberté ; c’est quand les chefs d’État et les Souverains Pontifes se sont mis d’accord par un traité sur quelque point particulier. »[17]

Loin de nous donc d’enseigner l’athéisme politique et le naturalisme sous quelque forme qu’il prenne.

Cependant, il n’existe nul part dans la DSE d’analyse politique d’envergure, de somme politique comme il existe une somme théologique, ou de traité de politique comme il existe des traités de dogmatique ou de morale surnaturelle, il existe encore moins des traités « d’action politique ». En fait d’action politique, il nous suffit de nous rappeler avec effroi le désastre du Ralliement de Léon XIII, l’échec de « l’action catholique » de Pie XI ou les dommages provoqués par la condamnation de l’Action Française pour nous montrer que le politique échappe foncièrement à ce qui fait l’indéfectibilité de l’enseignement de l’Église en matière de foi. L’Église ne possède donc point de grâce particulière qui lui donnerait la garantie de posséder une doctrine politique infaillible.

C’est qu’en effet Dieu n’a jamais révélé à son Église une telle science politique, puisqu’il a donné à l’homme la capacité de l’intelliger par l’observation de l’ordre naturel.

 

Conclusion : la Doctrine Sociale de l’Église ne saurait être le fondement de la science politique et donc de l’action politique. Le fondement de la science politique est l’étude rationnelle de l’ordre naturel, il est selon saint Thomas lui-même, « l’achèvement de la philosophie »[18].

 


 

2ème partie – La politique chez les catholiques traditionalistes, une orthopraxie ?

Deux conceptions du bien et de la morale

Nous sommes ici en politique, une science morale. La morale se divise en trois parties subordonnées entre elles : la politique, la domestique ou l’économie (morale de la famille et des corps intermédiaire) et la monastique (la morale individuelle). La politique est la science supérieure et architectonique de toute la morale, et pratiquement de la majorité des sciences naturelle. C’est vis-à-vis d’elle que s’ordonnent les autres sciences.

En science morale, pour spécifier différentes conceptions de la politique, il convient de chercher leurs points de divergence dans la notion de bien. En effet, une science morale est une science du bien, la science de ce qu’il faut faire et de ce qu’il convient d’éviter de faire. Ce bien qui est l’objet de la science politique est la finalité de l’homme. C’est donc une sagesse. Cette sagesse naturelle est différente de la sagesse surnaturelle qui nous vient de l’Église. Elle considère le Bien-Fin naturel de l’homme, tandis que la sagesse surnaturelle éclairée par la foi considère le Bien-Fin surnaturel de l’homme. [19]

Le bien-fin est ce que poursuit effectivement un être en vue de l’achèvement de son être. Le bien est ce qui doit être voulu, rechercher et aimer.

Nous allons nous pencher sur deux conceptions divergentes de la politique, de la morale et du bien.

 

La morale : Le bien comme finalité, application au politique.

« Saint Thomas ne pense pas un seul instant que la moralité du citoyen puisse consister dans l’obéissance à une autorité politique, même légitime. En effet dans la vision aristotélico-thomiste de la loi civile, celle-ci est avant tout une ordination au bien commun politique et non un précepte édicté par l’autorité :

« La loi n’est rien d’autre qu’une ordination de la raison en vue du bien commun, établie par celui qui a la charge de la communauté, et promulguée. [20]»[21]

Le bien réside donc dans la finalité, et la morale dans les principes qui y mènent. Une bonne science politique est une science qui transporte à la finalité du politique : le bien commun de la cité et la gloire de Dieu.

 

Autre conception de la morale en politique.

« En opposition avec la pensée politique d’Aristote et de Thomas d’Aquin, une autre conception de la Loi a vu le jour au XVIème siècle : la loi serait principalement une œuvre de la volonté du législateur. » [22]

C’est ce que l’on nomme le volontarisme politique. Par suite, ce volontarisme se décline dans les « sujets » subordonnés à l’autorité politique dans le fait que le bien moral ne consiste plus à poursuivre le bien-fin, mais à obéir à cette autorité. Il ne s’agit plus de poursuivre une Bien-Fin. Bien-fin dont de toute façon on ignore bien souvent l’essence.

Cependant, ce n’est pas du point de vue spéculatif que nous arrivons à conclure que dans notre famille de pensée faire une bonne politique consiste à obéir, et obéir à l’autorité religieuse. Il suffit d’observer que partout ce sont les prêtres qui dirigent l’action politique du printemps français catholique, ce sont les prêtres « les garants doctrinaux »[23] de Civitas, et ce sont d’autres prêtres qui enseignent ou écrivent avec autorité sur le Politique en général (Abbé Devillers, Abbé Toulza (Fideliter), MJCF, IUSPX, MCF, etc.).

 


La DSE fondement de la science politique, un volontarisme catholique ?

Bernard de Midelt que nous citons depuis tout à l’heure dans sa recension du livre Aristote au Mont Saint Michel[24], pose en conclusion de son article la question suivante :

Pourquoi les mahométans n’ont-ils jamais traduit La Politique et l’Éthique d’Aristote en arabe ? M. de Midelt répond en citant l’auteur du livre recensé, M. Gouguenheim :

« L’islam est d’abord une orthopraxie, une conformité aux règles et aux rites, que tout musulman doit respecter… le fiqh (le droit) est là pour rappeler ce qui est interdit, obligatoire, blâmable, et la morale ne consiste pas à faire le bien, (…) mais à agir selon la Loi, c’est-à-dire à obéir à Dieu : est morale celui qui se soumet à la Loi d’Allah »[25]

Le problème pour les catholiques de tradition est donc le suivant : pour eux, le bien en politique consiste dans l’obéissance à Dieu, il suffit donc d’obéir à son Église, et comme aujourd’hui celle-ci est continuée dans les « la Tradition », faire le bien en politique équivaut à obéir aux autorités de la FSSPX[26]. Le catholique de tradition participe donc d’une orthopraxie essentiellement identique à celle de l’Islam. Cet islamiste malgré-lui noie le naturel dans le surnaturel, par là-même annihilant en pratique[27] complètement l’ordre naturel au profit d’un idéologique ordre naturel-surnaturel ; autant dire au profit d’un monde surnaturel.

On se retrouve confronté à une théorie élaborée par les fondateurs de la nouvelle théologie, piliers de Vatican II, et spécialement par Henri de Lubac :

« Ordre de la nature et ordre de la moralité, ces deux ordres contiennent toutes les conditions  – les unes essentielles et nécessaires, les autres personnelles et libres – propres à nous faire atteindre notre fin surnaturelle, et tous les deux sont contenus à l’intérieur d’un même monde, d’un monde unique, qu’on peut appeler pour cela même, quoiqu’il contienne des éléments tout naturels, monde surnaturel. »[28]

Rien d’étonnant avec une telle conception du monde, d’aboutir à une conception totalement erronée en politique. De l’égérie idéologique d’une Doctrine Sociale de l’Église en contradiction avec la réalité (par principe et dans la pratique : Léon XIII, Pie XI), à l’orthopraxie islamique, il n’y a qu’un pas. Et ce dernier est franchit en pratique par la grande majorité de notre famille de pensée.

 


 

Conclusion – Les traditionalistes, mahométans politiques, mais démocrates révolutionnaires ?

Si la science politique consiste en l’obéissance à une doctrine religieuse plutôt qu’à l’application dans l’agir d’une expression rationnelle du réel intelligé par l’induction de l’ordre naturel, alors il faut convenir que les membres de notre famille de pensée sont, de fait sinon d’intention, des mahométans politiques et des volontaristes kantiens. Ceux-ci recherchant dans l’obéissance à l’autorité religieuse l’accomplissement ou la restauration du bien commun politique[29].

En exergue à cette analyse principielle une question pratique se pose. Dans le domaine de l’action politique : comment comprendre que ces autorités religieuses soutiennent des actions dans un schéma idéologique démocrate[30], lorsqu’elles promeuvent des actions comme les manifestations organisées par Civitas, la participation aux élections, ou le « lobbying catholique » ? C’est-à-dire : pourquoi ces autorités religieuses valident-elles dans la pratique le Système ?

Nous voilà au point central du paradoxe psycho-politiques des catholiques.

Il faut nécessairement conclure que les promoteurs du printemps français catholique ne possèdent pas les fondements d’une saine science politique. On peut même affirmer que leur prétention à ne suivre que la DSE est par le fait même une grave erreur qui se confirme dans leurs défauts d’analyse et de jugements quant aux actions à mener pour la restauration du bien commun en France

Les causes directes du handicap de nos milieux en matière politique sont ainsi :

  • une attitude volontariste : le bien consiste à obéir à l’autorité ;
  • une conception augustiniste : l’Église enseigne la science politique ;
  • une tendance surnaturaliste et baïaniste : sans la grâce, pas de bien possible.[31]

 

À quand le retour au réel ?

 

Épilogue : oui, il fallait quand même manifester !

Dans un précédant article, nous avions soutenu Civitas contre l’attitude quiétiste de certains  « amis » de notre famille de pensée. Nous parlions en tenant notre réserve quant à la conception de la politique de cet institut.

Mais fallait-il donc manifester ? La réponse à cette question ne peut se donner dans trop de détail ici. Le fait est qu’il aurait fallu le faire, non contre la Loi Taubira, mais pour la restauration du bien commun. Ceci ne serait compréhensible que dans une structure qui n’existe pas à l’heure actuelle, utilisant de telles occasions comme un moyen approprié de confusion pour l’ennemi tout en cherchant par ailleurs l’accomplissement effectif de cette restauration.

 

Thomas Audet
Pour Stageiritès

 


[1] Et si ceux-ci souhaitaient l’avènement d’une démocratie catholique, nous laisserons la résolution de ce paradoxe à tous ceux qui, derrière l’Institut Civitas s’engageront dans la campagne municipale de 2014, avec une pensée toute particulière lorsqu’ils devront célébrer un premier mariage homosexuel.

Mais fi donc ! En université d’été n’avons nous pas entendu devant plusieurs abbés de la FSSPX qu’il suffisait de déléguer la chose à un adjoint athée pour être quitte moralement !

[2] Notons qu’elle cherche seulement à l’être « le plus possible », ce qui sous-entendrait qu’il serait impossible de la suivre complètement.

[3] http://www.civitas-institut.com/content/section/5/27/

[4] Voir la revue Savoir et Servir, quatrième de couverture.

[5] Cité par Bernard de Midelt, in Le soleil d’Aristote illumine l’Occident, AFS, tiré à part n°198, p10-11.

[6] Thomas d’Aquin, Com. Pol. I, 1, n 7.

[7] Thomas d’Aquin, Com. Pol. I, 1, n 5.

[8] Ibidem.

[9] Subalternation : une science subaltérnée à un autre en tire ses principes. Exemple : la physique est subaltérnée aux mathématiques.

[10] A. Devillers Guillaume, Politique Chrétienne – A l’école de Saint Thomas d’Aquin, éd. Le Sel, 21/11/2009, p. 26.

[11] Ce qui est logique puisque la science politique est une induction de l’ordre naturel et non de l’ordre surnaturel (qui d’ailleurs ne saurait aucunement s’induire).

[12] La question de la valeur de la connaissance.

[13] Léon XIII, Immortale Dei (01 11 1885) : « Utraque potestas est in generesuo maxima ».

[14] Léon XIII, Immortale Dei (01 11 1885).

[15] Dans son livre Politique chrétienne – A l’école de saint Thomas d’Aquin, éd Le Sel du 21/11/2009, p 143, Guillaume Devillers soutient la position contradictoire.

[16] Léon XIII, Immortale Dei (01 11 1885).

[17] Léon XIII, Immortale Dei (01 11 1885).

[18] Thomas d’Aquin, Com. Pol. I, 1, n 5.

[19] Saint Thomas explique en effet que l’homme possède une double finalité ultime, l’une naturelle et l’autre surnaturelle : « Or le bien ultime de l’homme, qui meut en premier comme une fin ultime la volonté, est double. L’un d’eux est proportionné à la nature humaine, car les puissances naturelles suffisent pour l’obtenir ; et ce bien est la félicité dont les philosophes ont parlé ; soit la contemplative, qui consiste dans l’acte de la sagesse ; soit l’active, qui consiste d’abord dans l’acte de la prudence, et conséquemment dans les actes des autres vertus morales.

L’autre est le bien de l’homme qui dépasse la mesure de la nature humaine, car les puissances naturelles ne suffisent pas pour l’obtenir, ni même pour le connaître ou le désirer, mais il est promis à l’homme par la seule libéralité divine ; 1 Cor. 2, 9 : « L’œil na point vu, etc. », et ce bien est la vie éternelle. » Thomas d’Aquin st, De Veritate, Question 14 (La Foi), Article 2.

[20] Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Ia IIae, q 90 a 4.

[21] Bernard de Midelt, in Le soleil d’Aristote illumine l’Occident, AFS, tiré à part n°198, p86.

[22] Ibid, p.87.

[23] De la doctrine théologique catholique, cela ne poserait pas de problème, mais de la doctrine sans préciser de laquelle laisse sous-entendre la doctrine politique et les principes philosophiques. Ce qui advient effectivement en pratique : qui donne des cours de science politique ? Des prêtres.

[24] Gouguenheim Sylvain, Aristote au Mont Saint Michel, Seuil 2008. Recension disponible AFS, tiré à part : Bernard de Midelt, Le soleil d’Aristote illumine l’Occident.

[25] Bernard de Midelt, in Le soleil d’Aristote illumine l’Occident, AFS, tiré à part n°198, p85.

[26] Qui soutiennent et encouragent le « printemps français catholique ».

[27] Cette confirmation pratique trouve son vis-à-vis dans la science politique d’un abbé Devillers par exemple qui subordonne spéculativement l’ordre naturel à la finalité surnaturel, le transformant au passage en ordre naturel-surnaturel. Cf. nos articles sur le sujet.

[28] De Lubac H., Surnaturel, éd Aubier 1946, p 487.

[29] Quand ils désirent seulement cet « accomplissement ou restauration du bien commun politique », puisque dans la plupart des cas les catholiques de traditions ne recherchent pas le bien commun mais tentent de s’arracher au politique ; ou alors ils ne le recherchent que comme moyen pour la finalité surnaturelle.

[30] Et pour ceux qui sont dans une expectative opposée aux actions types Civitas, comment peuvent-ils soutenir l’inaction pratique et le recours unique aux « moyens surnaturels » ? Mouvements de pensée augustinistes surnaturalistes ou quiétiste. Nous avons traité ailleurs sur Stageiritès de ces diverses positions.

[31] Pour ce dernier point, voir les articles de Bernard de Midelt sur Stageiritès.