Quitter la FSSPX, une grave erreur

Introduction

« La prudence parfaite se trouve chez l’homme qui possède la claire notion de ses actes, tandis que la prudence imparfaite est le fait de ces animaux qui sont régis par des instincts spécialisés pour accomplir des actions qui ressemblent à celles de la prudence » Saint Thomas d’Aquin (Somme théologique,  Ia  IIae, Q3, a6).

Une fracture est apparue au sein de la « Résistance » au ralliement. D’un côté, les partisans de la sortie de la Fraternité, et de l’autre, ceux de la continuité du combat pour la FSSPX.

La situation actuelle de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X demande une analyse précise et complète. Ce qui n’est dès lors présents nulle part chez les deux partis en présence. Rien d’étonnant à cela tant le combat des idées est un combat délaissé par notre « famille de pensée ». Or un combat demande aux combattants un entraînement, des compétences et par-dessus tout, des habitus. L’analyse nécessaire devra être rationnelle, c’est-à-dire prenant sa mesure dans la réalité. Encore faut-il posséder la structure intellectuelle vertueuse qui corresponde. Il ne s’agit pas de déformer la réalité en fonction de nos sentiments, ni surtout de nos désirs ou de nos craintes, il est impératif de sortir du domaine des passions.

Faut-il quitter la FSSPX hic et nunc ? La réponse est non. Et nous allons le démontrer.

 


 

Le constat du réel

Il n’est pas acceptable de concevoir les choses autrement que ce qu’elles sont réellement maintenant, concrètement en ce moment précis.

Y a-t-il aujourd’hui à l’heure où nous écrivons, et au moins à moyen terme, un accord entre Rome et la FSSPX ? La réponse est non.  C’est ce type de situation qui justifierai réellement de se poser la question s’il faut rester ou partir. Concrètement, Mgr Fellay n’a rien signé. Même si lui-même continue à être libéral et obnubilé par la romanité, il est clair qu’il n’y a pas d’accord. Revenir au réel est capital. Il faut cesser de trembler comme de petits enfants et commencer à agir en adulte.

S’il y a quelque chose à tenter pour sauver la FSSPX ou pour continuer la Tradition, c’est d’abord en commençant par ce constat. Seulement ensuite peuvent se poser les questions d’ordre prudentiel.

 


Quel est le discours officiel de la FSSPX ?

En étudiant le discours officiels nous ne voulons pas affirmer l’inexistence d’un possible discours officieux, ou du moins l’existence d’une praxis contradictoire et libérale chez plusieurs membres influents de la FSSPX.

La communication officielle de la Fraternité se concrétise par les communiqués officiels, par les propos du supérieur général et, pour la France, par ceux du supérieur de district M. l’abbé de Cacqueray. Nous trouvons un résumé de la position officielle de la FSSPX dans la lettre aux amis et bienfaiteurs du printemps 2013.

Nous sont formellement détaillés les points suivants :

  • la situation entre Rome et la FSSPX est la même qu’en 1988 ;
  • la FSSPX continue le combat de la foi contre les erreurs du Concile Vatican II, notamment la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité et surtout contre la réforme liturgique : le Novus Ordo Missae de Paul VI ;
  • pratiquement : Mgr Fellay a refusé les exigences posées par Rome car celles-ci outrepassaient les principes directeurs de la FSSPX caractérisés par le combat décrit ci-avant.

Conclusion sur le discours officiel de la FSSPX : aucun changement dans les principes, aucun changement dans le combat. La FSSPX reste officiellement attachée à sa finalité qui est de lutter contre le modernisme et de continuer l’œuvre de l’Église en proposant notamment les vrais sacrements, en sauvegardant la messe et un dispensant un enseignement généralement traditionnel (catéchisme etc.).

 


Mgr Fellay est-il guéri de son libéralisme et de son illuminisme ?

Le libéralisme de Mgr Fellay ne faisait plus de doute lorsque fut publiée sa déclaration du 15 avril 2012. Il a tout de même pris un sérieux revers lors de ce retournement romain à la dernière minute et cette réaffirmation romaine quant aux exigences d’acceptation du concile, du magistère nouveau et de la nouvelle messe. Il lui fut par-là concrètement signifié que ce n’était pas lui qui menait les discussions entre Rome et la FSSPX. On pourrait dire « qui menait le jeu ». Comme une proie, on lui a fait miroiter des choses à Rome le laissant s’approcher de plus en plus. Sa manie de romanité le poussant de son coté, il était mure pour un dernier assaut d’exigences romaines. Il est peut-être, dès lors, un peu redescendu des nuages, sans toutefois changer ses aspirations libérales.

Il existe maintenant une certaine fracture de fait chez les prêtres et les fidèles de la FSSPX. Une partie d’entre eux ont perdu toute confiance en l’autorité de la Fraternité. Mais ces réactions restent circonscrites et épidermiques. Un individu se lève parfois pendant une conférence ou une université d’été. Mais rien de concret, rien de solide, rien de durable. Et qu’espérer d’autre ?  Depuis plus d’un an que cette crise est étalée sur la voie publique, personne n’a encore réussi à structurer un quelconque réseau de résistance.

 


 

Faut-il donc « quitter » la FSSPX ?

Peut-on lutter de l’intérieur ?

Avant de répondre à cette question il convient d’en examiner une autre : peut-on lutter à l’intérieur de la FSSPX, contre le libéralisme de l’autorité ?

Sans rappeler plus qu’il ne le faut l’utilité de se taire aux personnes dénuées de formation politique sur un tel sujet, cette question étant politique, c’est à l’intellection du réel qu’il faut s’en remettre.

 

  • Constat de deux éléments majeurs :

1. L’autorité actuelle se défend d’être libérale.

2. Lutter nécessite une formation déjà robuste, une organisation (donc un chef et une structure), et surtout des habitus prudentiels.

 

  • De ces deux considérations on tire directement deux conclusions :

1. Il faut lutter ouvertement contre le libéralisme et non contre l’autorité (puisqu’elle se défend de l’être).

2. Il faut s’organiser à couvert afin de dispenser la formation requise à la lutte contre le libéralisme.

Il semble qu’en cette simple analyse il y aurait déjà fort à faire plutôt que de perdre son temps en bavardages et en commérages inutiles, en sillonnant, par exemple, le monde des « résistants » pour donner des « conférences » devant quelques « amis » éparses déjà convaincus. Mais quand cessera-t-on l’onanisme intellectuel habituel dans nos milieux ![1]

 

  • La question de la résistance in vivo

La question de la résistance prolongée contre une autorité et une forme donnée par l’autorité à la société qu’elle dirige n’est pas simple. En effet, il est en principe quasiment impossible de résister dans la forme à une autorité directe. (cf. notre article sur la métaphysique des accords)

Or, les faits ont montré que la FSSPX pouvait donner différentes sonorités selon les districts. Par exemple, l’autorité de Menzingen fut parfois mise à mal par une autorité régionale inférieure (Cf.la condamnation musclée d’Assise 3 par l’Abbé de Caqueray, le refus de publication de certains articles par la porte latine, etc. ; ce sont de petites choses, mais elles sont intéressantes), ou au contraire, cette autorité pouvait êtresuivie avec assiduité dans d’autres districts (par exemple : interdiction de diffusion du livre de l’abbé Pivert en suisse).

Mener réellement une activité de résistance demande de très grands efforts et de très grandes prises de risque. Comme nous ne cessons de le dire, ce type d’actions, qui métaphysiquement ne peuvent aboutir sans qu’il y ait une prise de pouvoir effective, sont totalement irréalisables sans une structure, sans un chef et sans prudence politique.

 

  • Tout est-il donc perdu ? Non, pour plusieurs raisons.

1. Le statu quo entre Rome et la FSSPX permet de se former et se s’organiser. Ces deux dernières années ont vu la « résistance » aux accords se découvrir dans la plus complète inorganisation, celle-ci sans doute causée par l’accélération des événements (attention cependant : l’évènement ne fait pas l’homme, il le manifeste ; si la « résistance » fut pitoyable en action c’est que personne ne disposait des habitus nécessaires à générer une action prudentielle et efficace ; nous ne devons notre « salut » qu’à l’ennemi, c’est grâce à Rome que la FSSPX n’est pas perdue ! Souvenons-nous en avec grande humilité). Profitons de ce temps pour nous former doctrinalement en théologie et en science politique. Construisons-nous. Organisons-nous.

2. Il existe certains foyers de « résistance » déjà prolifiques et solides doctrinalement : Avrillé, le Moulin du pin, le MJCF, le site Vatican 2 de l’abbé de Caqueray. Il est vrai que politiquement, il n’existe pas grand-chose et ce ne sont pas avec les fidéistes incompétents de Civitas que nous obtiendrons quelque chose.

3. Maurras disait : « le désespoir en politique est une sottise absolue » ; et cette crise est en outre politique : puisqu’on parle de lutter et de résister dans une société (religieuse) contre une autorité, contre une forme, qui par ailleurs s’occupe de nombreuses choses temporelles bien distinctes des questions religieuses (gestion des biens, des écoles, d’ associations et de mouvements, etc.). Il existe toujours de l’espoir, un changement de direction, des contingences naturelles ou surnaturelles, mais sur ce point, il ne faut pas rêver : le Bon Dieu « se rit des prières qu’on lui fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s’oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. »[2]

Conclusion sur ce point : dans les circonstances actuelles il semble difficile, voire impossible, de résister de l’intérieur. Il ne faut pas se voiler les yeux, il n’y a pas de différence formelle entre lutter à l’intérieur de la FSSPX et lutter à l’intérieur de l’Église officielle. Les différences que la « résistance » pourrait entretenir (doctrine, théologie, comportement, …) s’amenuiseront au fur et à mesure que la FSSPX se rapprochera doctrinalement (et formellement) de Rome. La seule véritable solution serait que Mgr Fellay soit remplacé par quelqu’un solide doctrinalement et politiquement.

 

  • Ne pas négligé le bien fait au prochain :

Bien sûr, on peut faire du bien autour de nous (aider, former, « convertir » à l’anti-ralliement). L’objectif est d’expliquer que, même si métaphysiquement il est prouvé qu’il est impossible de lutter efficacement de l’intérieur (attention, les rebelles syriens, par exemple, lutte de l’extérieur en ayant fait scission), ce serait pire de quitter la FSSPX, ce que nous allons démontrer maintenant. Nous rappelons que la finalité de notre article consiste à découvrir ce qu’il convient de faire maintenant hic et nunc. Demain il peut en être autrement.

 


Par suite, vaut-il mieux partir ?

  • Non, parce qu’il n’y a aucun accord, il FAUT du factuel.
  • Non, parce qu’on ne pourra pas faire une deuxième FSSPX.
  • Non, parce que les biens et l’argent appartiennent à la fraternité.
  • Non, parce que les gens sont incompétents et qu’il faut être bon et prudent, ce serait sinon une catastrophe déviante (déviante doctrinalement).
  • Non, parce qu’il faut des évêques. En théorie, un seul suffit, mais en pratique il en faut plusieurs.
  • Non, car pour les fidèles ce serait de l’imprudence, un danger pour les âmes de quitter la FSSPX : la privation de sacrement tue l’âme.
  • Non, parce qu’il n’y a pas d’unité chez la « résistance », et il n’y a pas d’unité parce qu’il n’y a pas de chef légitime et reconnu par tous ; il est donc impossible qu’il y ait quelque chose de structuré, d’organisé et donc de viable.

 


Rester, mais pourquoi faire ?

Ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura pas de FSSPX bis. Il n’y a plus de Mgr Lefebvre, ami du Pape, délégué apostolique. Aux lendemains du Concile, la plupart des catholiques savaient encore ce qu’était la Tradition, aujourd’hui plus personne ne le sait même parmi les tradis. Il suffit de voir le niveau doctrinal de notre famille de pensée, d’abord chez les prêtres : surnaturalisme, apparitionisme, fidéisme, jansénisme, moralisme, etc.

Par suite, il est beaucoup trop dangereux de vouloir forcer les prêtres et les fidèles à « partir ». C’est prendre une responsabilité qui ne nous appartient pas. Et qui n’appartient surtout pas à des laïcs comme chez Contre l’Immaculée.

S’il est possible que le Bon Dieu veuille qu’il n’y ait plus que des groupes éparpillés (comme les sédévacantistes aujourd’hui), dans un vaste désert peuplés d’incroyants, mais cela relève de la Providence et non pas de nos volontés. Notre rôle est de défendre ce qui existe. Nous devons poursuivre le Bien Commun de l’Église qui est le saint sacrifice de la messe. Pour l’heure, la seule structure pérenne et viable qui poursuit efficacement cette finalité est la FSSPX. Cependant, il faut être conscient que sans le départ des ralliéristes des postes influents de la FSSPX, les problèmes n’iront qu’en s’accroissant.

Il en est de même de l’État moderne actuel. Aller chercher une possible solution dans les jupes de la justice civile actuelle (nous pensons aux divers procès en cours) nous parait au moins une grave imprudence pour la sauvegarde de la tradition toute entière. A-t-on seulement pris en compte le fait que ce soient nos ennemis qui désirent la chute de la FSSPX, tant chez les ralliéristes que chez nos « hommes d’État » ?

 

Quoi qu’il en soit il reste du travail à l’intérieur :

  • Sauver les « meubles ». Nous avons donné de notre sueur et de notre sang pour construire chapelles et écoles, nous ne les lâcherons jamais.
  • Former et informer. Le combat est aussi un combat intellectuel.
  • Analyser et prévenir. Le combat est aussi un combat médiatique.
  • Se grouper. Il faut absolument se politiser.
  • Préparer l’avenir. Se protéger contre le ralliement. Il faut s’organiser.

 
 


 

IDS (Contre l’Immaculée) et Mgr Williamson

Quand on lit les platitudes que publie cette curieuse plume numérique qu’est la mal nommée IDS, la webmestre de Contre l’Immaculée, il conviendrait bien plus de rire qu’autre chose. Mais c’est avec grand désarroi (et encore peut-être que notre pensée dépasse ici l’écriture) que nous avons eu confirmation dans le dernier Kyrie Eleison, de l’admiration portée par Monseigneur Williamson à cette énergumène du net.

Il nous paraissait pourtant clair que ce blog ne valait rien, autant par la réflexion très approximative que par l’audace et la malice lamentable de son unique « collaboratrice » (parlant de façon curieuse d’elle-même en « nous » ou en « Contre l’Immaculée dit que » etc.).

Lorsqu’on parcourt cet amas de pixel dont l’argumentation théologique fait cruellement défaut, il semble plutôt que ce blog ne cherche qu’à détruire la FSSPX en attaquant tour à tour prêtres et fidèles de tous bords. Dans la pratique, IDS fait le jeu des libéraux en affaiblissant et en désordonnant la résistance. Par l’éclatement et la dissension, elle fait aussi le jeu des sédévacantistes, qui cherchent depuis longtemps à mettre à mal la FSSPX. Son action, à défaut d’être volontairement mauvaise, n’en reste pas moins dangereusement nuisible. Que des clercs puissent soutenir une telle ineptie morale nous parait dépasser la raison.

Récapitulons : ses articles sont nuls, aucune notion de théologie sérieuse, aucune philosophie, aucun argument rationnel, par contre de nombreuses reprises d’autres textes (souvent mauvais eux-mêmes, mais on n’aime que ce que l’on comprend) ; il n’y a que passion et commérage.

Mais alors c’est cela ! Oui, IDS nous offre en fait de « blog de la Résistance » un nauséabond Paris Match Tradis. Encore que, pour respecter sa qualité, il conviendrait plutôt de le réduire à un Voici ou un Public, revues bien connues pour leur profondeur et leur intérêt.

Alors, lorsque Mgr Williamson se plait à soutenir de telles niaiseries, il convient de réfléchir aux conclusions apportées par les ténors de la « renonciation à la fraternité », même lorsque cette « renonciation » est maintenant promue par un ancien évêque de la fraternité.

Rappelons que des « Monseigneurs », il y en avait 2400 au concile Vatican II. La mitre et la crosse ne font pas le prophète. Par contre, ce qui fait l’évêque, c’est bien le sens de l’organisation : « celui qui doit choisir ou pourvoir à la nomination d’un évêque n’est pas tenu de choisir le meilleur absolument, mais le meilleur pour le gouvernement de l’Église, c’est-à-dire qu’il puisse l’organiser, la défendre et la gouverner pacifiquement », Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, IIa IIae 185, 3 c.

 


 

Conclusion

Quitter la FSSPX est une grave erreur prudentielle, ne serait-ce qu’au point de vue du salut individuel des âmes hic et nunc. Avant de partir, il faut connaître la direction à prendre. Et si c’est pour rejoindre la médiocrité d’une IDS et de ces adeptes puérils et a-politiques, il se pourrait bien que le Bon Dieu appelle cette infraction à la vertu de prudence, un péché.

Il faut revenir au point de départ du combat de la Tradition : « pourquoi je vais à la messe à la FSSPX : pour les sacrements. »

Et sans messe, sans sacrement, pas de salut.

En ce sens Gentiloup vient de publier sur son forum un texte admirable auquel nous souscrivons en tous points de vue.

 

Thomas Audet
Pour Stageiritès

 


[1] Le fait de passer son temps à rabacher les mêmes salades dans la plupart des réunions, des colloques, des universités d’été, des congrès SISI NONO, n’est pas sans mettre le doigt sur un semblant de paresse à la formation, à la recherche et à l’étude ; et à l’action.

[2] Histoire des variations des églises protestantes, dans Œuvres complètes de Bossuet vol XIV, Jacques-Bénigne Bossuet, éd. L. Vivès (Paris), 1862-1875, p. 145.

6 comments for “Quitter la FSSPX, une grave erreur

  1. Camillo Tarozzi
    1 octobre 2013 at 16:43

    On ne voit pas de quelle autorité l’auteur de cet article s’érige en juge de la Résistance.
    Qui est-t-il ?
    Si c’est un prêtre, il trahit une sympathie cachée pour l’abbé de Cacqueray, qui a été, par son manque de décisions courageuses, le vrai tueur et le fossoyeur de la Résistance en France.
    On trouve aussi que l’auteur minimise la gravité de la situation de la Fraternité et excuse trop vite Mgr Fellay de ses agissements et de sa pensée profondément tordue.
    Pour reprendre l’exemple de l’abbé Faure, si l’auteur était un passager du Titanic et qu’il avait vu que le bateau avait évité quelques icebergs, il aurait rassuré les passagers en leur disant que puisqu’on avait « évité le pire », le danger n’était que « derrière eux »… alors que le capitaine était un incapable et un irresponsable !
    La situation est bien plus grave dans la néo-FSSPX que l’auteur ne le dit.
    Mgr Fellay n’est pas seulement imprégné d’un esprit libéral, mais aussi du néo-modernisme. Ceci est évident par le contenu de la Déclaration doctrinale, surtout par son acceptation des documents de Vatican II avec l’herméneutique de la continuité.
    Et il n’a toujours pas rétracté cette Déclaration, mais il dit seulement l’avoir « retirée » à cause de l’opposition interne à ce document.
    C’est pourquoi il est faux de prétendre que la résistance « à l’intérieur » de la néo-FSSPX est viable. Nous avons vu la même attitude chez les prêtres « conservateurs » après Vatican II, mais ils ont fini par tout accepter, faute de résistance ouverte et d’être cohérents.
    C’est faux aussi qu’il faut attendre un leader afin de joindre la Résistance extérieure… C’est une excuse trop souvent utilisée par les lâches pour ne pas réagir !
    On dirait aussi que l’auteur attend que l’on propose à ceux qui sautent de ce bateau qui coule, le même confort bourgeois qui s’est installé dans la néo-FSSPX.
    Qu’il attend de retrouver un prieuré cinq étoiles et une voiture clé en main… Ne dit-il qu’il faut « sauver les meubles » ? Nous savons que cette attitude tua aussi le clergé après le concile !
    Le temps est venu pour les prêtres de la Résistance de se sacrifier héroïquement pour les âmes, peu importe si l’on a pas une structure organisée ou si le matériel manque.
    Notre Seigneur condamnait déjà cette attitude lorsqu’il reprochait aux premiers prêtres en leur disant : « Hommes de peu de foi » !
    Oui, il faut quitter la néo-FSSPX au plus vite.
    C’est de la prudence et de cela dépend le salut de beaucoup d’âmes !

    • 1 octobre 2013 at 22:17

      Nous rejoignons votre avis sur Mgr Fellay : il est dangereusement libéral. Quand à la « résistance », nous faisons des constats, certes négatifs, mais en espérant faire réfléchir et initier un mouvement vers l’amélioration. Nous savons pertinemment bien qu’il y a toujours des défauts et qu’il y en aura toujours.

      Par ailleurs, il nous semble difficile de comparer Vatican II et la FSSPX. Comme vous, nous expliquons qu’il n’est pas possible de lutter efficacement de l’intérieur, à moins de renverser l’autorité. Cependant, éclater la FSSPX en une constellation de petits groupes « résistants » serait bien pire, d’autant plus que de nombreuses personnes n’auraient plus accès aux sacrements. La division est déjà partout, n’en rajoutons pas. Il peut toutefois y avoir des cas particulier, des « paroisses » où les sacrements pourraient être invalides. Nous n’en connaissons pas. Si les sermons sont mauvais, bouchez-vous les oreilles, l’Église à toujours regorger de ce type de problèmes.

      Il nous semble également difficile de parler de néo-FSSPX, comme s’il y avait eu un grand big-bang transformant la FSSPX en une arrière boutique satanique. Il y a toujours eu des libéraux dans la FSSPX, Mgr Fellay a toujours montré un grand désir de se rapprocher de la Rome moderniste. Les gens découvrent cela maintenant, tous excités. Les libéraux en profitent pour sortir des bois et agir plus ouvertement. Ce sont des personnes qui sont là depuis longtemps et qui sont libérales depuis longtemps. Pourquoi se précipiter maintenant vers du sédévacantisme pratique ?

      Quand on saute d’un bateau sans bouée, on finit aussi par couler. Mon grand-père était sur le navire Richelieu pendant la seconde guerre mondiale. Le bateau a été torpillé. Une brèche a permis à l’eau de rentrer. De nombreux marins sont alors morts. Pourtant, le bateau a été sauvé et aujourd’hui je suis là. Morale : la peur est mauvaise conseillère.

  2. pie decime
    1 octobre 2013 at 20:59

    Monsieur,
    Nous avons lu avec intérêt votre article ci-dessus. Si nous souscrivons dans l’ensemble à votre analyse de la situation et concluons, comme vous que, pour l’instant, « demain il peut en être autrement », il ne faut pas quitter la Fraternité, permettez-nous cependant quelques réflexions au sujet de certains points de votre analyse.
    Concernant votre conclusion sur le discours officiel de la Fraternité. Nous citons : « Conclusion sur le discours officiel de la FSSPX : aucun changement dans les principes, aucun changement dans le combat. La FSSPX reste officiellement attachée à sa finalité qui est de lutter contre le modernisme et de continuer l’œuvre de l’Église en proposant notamment les vrais sacrements, en sauvegardant la messe et un dispensant un enseignement généralement traditionnel (catéchisme etc.). »
    Vraiment : aucun changement dans les principes*, aucun changement dans le combat*, dans le discours officiel de la Fraternité ? Et la lettre du Conseil Général aux 3 évêques d’avril 2012, et la Déclaration doctrinale du 15 avril jamais retirée officiellement, et les différentes interviews et conférences du Supérieur Général qui minimisent le concile et exagèrent le « côté traditionnel » de la hiérarchie romaine, et le paragraphe 11 de la Déclaration du 27 juin qui laisse la porte ouverte à un accord pratique sans conversion de Rome (changement majeur par rapport à 2006), et les video-conférences officielles de l’abbé Themann (District des Etats-Unis) qui défend le Protocole Doctrinal de Mgr Fellay et le changement de doctrine, et l’expulsion de Mgr Williamson et des prêtres, etc. ?
    Dans le discours officiel de la Fraternité, il y a bien un changement dans les principes et un changement dans le combat. Ne pas le voir est faire fi de la réalité des faits, des actes et des discours. Nous reconnaissons bien qu’en France, grâce en partie à l’abbé de Cacqueray et en grande partie aux prêtres résistants, ce changement est partiellement combattu. Mais dans d’autres districts, tel celui des EU, le changement est visible et notoire dans les publications officielles de la Fraternité. Il est vrai que pour reprendre en mains les fidèles et limiter les résistances, apparaissent parfois de par le monde des articles plus musclés, plus proches de la ligne d’avant mais ce sont plus des leurres pour tromper les fidèles qu’un retour à la fermeté doctrinale. Par exemple dans L’Angélus, le Fidéliter américain, vous lirez un article sur l’illégitimité de la Nouvelle Messe mais par ailleurs vous écouterez la conférence de l’abbé Thémann qui défend le protocole du 15 avril (donc le « légitimement promulgué ») et vous serez invité avec les propres mots du pape à prier avec les croyants et incroyants pour la paix en Syrie (http://sspx.org/en/news-events/news/sept-7-day-prayer-and-penance-2382 ). Doux mélange dans lequel le fidèle fragile et confiant fini par perdre tout repère et sombrer corps et âme !
    D’ailleurs si dans son discours officiel « la Fraternité reste officiellement attachée à sa finalité qui est de lutter contre le modernisme », il serait bon de préciser que ce mot de « modernisme » ne désigne plus une même réalité pour tous les membres de la Fraternité, l’autorité dirigeante ayant « évolué » vers une perception nouvelle du modernisme, du Concile Vatican II, de la légitimité du NO et de qui est moderniste ou pas à Rome. Cette perception nouvelle entraîne une « évolution » doctrinale, genre ED, et par conséquent une « évolution » dans la lutte pour la sauvegarde de la Messe et des sacrements dans lesquelles bien des âmes, faute de contrepoison, tomberont sans même s’en rendre compte. Vatican II bis ! On garde les mots mais il désigne des réalités différentes !
    Par conséquent si l’autorité se défend en paroles d’être libérale, dans les faits réels elle l’est. Et c’est cette réalité qui compte et qui doit être dénoncée. Donc il faut combattre l’autorité tout autant que le libéralisme car les fidèles ont confiance en une autorité qui les trompe. C’est le but en partie des conférences devant « des amis » peut-être déjà convaincus mais assez humbles pour avoir besoin qu’on leur rappelle le pourquoi de leur résistance et qu’on leur donne les arguments pour tenir : car personne ne peut être sûr de ne pas tomber demain. Et d’autre part ces conférences ont l’immense mérite de permettre aux fidèles résistants de se connaître et de faire ce que vous préconisez : « se grouper, se politiser, préparer l’avenir, se protéger contre le ralliement et s’organiser. »
    Concernant votre jugement péremptoire sur Mgr Williamson, il soulève quelques réflexions également. Mgr Williamson a bien écrit, pressé par les demandes de conseils des fidèles mais de prêtres également, un Commentaire Eleison (323) (http://lefebvristes.forum-box.com/t2062-Mgr-Williamson-Commentaire-Eleison-CHUTE-HORRIBLE-III.htm ) sur la question délicate et difficile concernant l’assistance aux messes de la Fraternité en prenant comme point de départ un article traitant de cette question paru sur le blog Avec l’Immaculée. Cela signifie-t-il pour autant admiration et plaisir à soutenir tout ce qui parait sur ce blog ? Loin de là, d’ailleurs ce blog ne s’est-il pas fait remarquer par des articles sanglants contre Mgr lui-même ? Par ce Commentaire devient-il un « des ténors de la renonciation à la Fraternité » ? Loin de là si on lit avec attention et dans tous ses détails ce Commentaire et si on tient compte de la réalité globale de la Fraternité et du monde de la Résistance.
    Premièrement, Mgr Williamson écrit à de nombreux fidèles éparpillés de par le monde (et pas qu’aux enfants gâtés de la Tradition que sont les Français) qui ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes et aux mêmes dangers pour leur Foi en fonction du District auquel ils appartiennent. Il donne donc une règle générale qui tient compte, plus que d’un accord signé, d’un état d’esprit qui sévit dans la Fraternité au plus haut sommet (« les supérieurs font les inférieurs » Mgr Lefbvre) et qui équivaut à ce que « la nouvelle religion Conciliaire est de moins en moins désapprouvée, en sorte qu’il y a de plus en plus de danger pour la foi de ceux qui assistent à ses Messes». Par exemple dire qu’il est possible d’aller à TOUTES les messes de la Fraternité aux EU est impossible en raison de « l’évolution » doctrinale et visiblement libérale d’un bon nombre de prêtres dans ce district. D’ailleurs des fidèles résistants aux accords ont été tout simplement « excommuniés » et priés de ne plus venir dans les chapelles de la Fraternité !
    Deuxièmement, Mgr, après avoir donné la règle générale, énumère les nombreuses exceptions qui permettent aux fidèles de continuer à assister aux messes de la Fraternité car « il y a une grande variété parmi les prêtres de la Fraternité en particulier. Il y en a de vraiment Traditionnels, et de virtuellement Conciliaires » et « Là où le tronc d’un arbre se pourrit, il peut y avoir encore des branches qui portent des feuilles vertes ». On peut dire que la France a un grand nombre de ces « feuilles vertes » !
    Mgr demande à chaque fidèle d’étudier les circonstances, de se former pour préparer le futur et de ne pas oublier que les Apôtres ont continué à prêcher dans la Synagogue où de bons juifs continuaient d’aller, « mais ils seraient tous persécutés et finiraient par être éjectés », et que donc, à l’imitation des Apôtres, « si un Catholique s’aperçoit aujourd’hui que dans le corps entier de la Fraternité, à partir de la tête, circule le virus mortel d’une mentalité Conciliaire masquée, il doit agir pour aider à sauver autant d’âmes que possible avant qu’elles ne fassent naufrage dans la foi en se noyant dans le canot de sauvetage qui coule. » N’est-ce pas un appel à travailler contre le ralliement tant que c’est possible dans la Fraternité et sans avoir peur du lendemain ?
    Il ressort de ce Commentaire non un soutien admiratif au blog Avec l’Immaculée ni un ordre inconditionnel à quitter la Fraternité mais au contraire un appel à la réflexion intelligente, à l’action organisatrice et à faire preuve du courage des Apôtres : c’est à chaque fidèle, au cas par cas, en fonction des circonstances propres, du prêtre qui dessert sa chapelle, du district dans lequel il vit, qu’il revient au final de décider s’il peut continuer à aller à la messe dite par tel prêtre de la Fraternité ou s’il doit éviter tout au moins ce prêtre trop évidemment rallié « surtout s’il y a la Messe à proximité d’un prêtre qui résiste ». C’est à chaque fidèle qu’il est demandé de se former et de parler pour aider à sauver autant d’âmes que possible. Et c’est donc au raisonnement et à la réflexion que Mgr incite les fidèles afin qu’ils ne restent pas à la Fraternité uniquement par sentimentalisme et attachement désordonné à une structure dont « il faut être conscient que sans le départ des ralliéristes des postes influents de la FSSPX, les problèmes n’iront qu’en s’accroissant » (Stageiritès).
    A la différence de bien des prêtres, Mgr traite les fidèles comme des enfants raisonnables et non comme des petits enfants soumis à une obéissance aveugle. Qu’il en soit remercié ! A la différence de bien des hommes, Mgr se place au-dessus des petites querelles intestines et propos désobligeants qui agitent les tenants des blogs et certains résistants. Comme le Père Calmel en son temps (cf la biographie du Père Calmel par le père Jean-Dominique, éd. Clovis), il admet qu’il puisse y avoir différentes façons quoique imparfaites de combattre et de résister pour la gloire de Dieu chez l’être humain ! Qu’il en soit remercié !

    *Exemple de changement dans les principes :
    Philosophy of the College St. Thomas Aquinas College, FSSPX, Australia.
    Rev. Fr. Michael Delsorte (Principal)
    Rev. Fr. Jordie Stephens
    Rev. Fr. Raphael Du Chazaud
    The programs of, and teaching at St Thomas Aquinas College, support and promote the principles and practice of Australian democracy, including a commitment to:
    • Elected government.
    • The rule of law.
    • Equal rights for all before the law.
    • Freedom of religion.
    • Freedom of speech and association.
    • The values of openness and tolerance.
    Philosophie du Collège St Thomas d’Aquin, FSSPX, Australie :
    Le programme et l’enseignement dispensés au Collège St Thomas d’Aquin supportent et promeuvent les principes et la pratique de la démocratie Australienne, incluant un engagement dans :
    le gouvernement élu, le rôle de la loi, l’égalité des droits de tous devant la loi, la liberté religieuse, la liberté de parler et d’association, les valeurs de l’ouverture et de la tolérance.

    • Fidelis
      4 octobre 2013 at 09:44

      Pie decime
      Je partage tout à fait votre position. Pour moi, il est illusoire de prétendre « sauver les meubles » en restant trop longtemps dans la structure. Fellay est irrécupérable (son libéralisme est ancien et ce fut, à mon humble avis une erreur de « casting » de la part de Mgr Lefebvre de l’avoir choisi comme évêque) et la plupart de ceux qui l’entourent également. Quant aux louanges adressées à l’abbé de Cacqueray, je ne les comprend plus. Depuis plusieurs mois, il a multiplié les preuves de son allégeance à Menzingen, la dernière en date étant la honteuse mutation de l’abbé Beauvais.
      Sur un plan général, je désapprouve totalement le ton professoral et méprisant de M.Audet. A le lire, il y a Audet, celui qui affirme et qui juge et les autres qui sont rejetés dans les ténèbres extérieures. Par ses attaques constantes contre d’autres composantes du mouvement de résistances, toujours virulentes et méprisantes, imbues de sa « science théologique » dont il se gargarise, il contribue largement à maintenir la division dans la « résistance ». De plus, oser prétendre qu’il n’existe pas de « neo-fraternité », c’est prendre les gens pour des imbéciles. Parmi les fidèles de base, dont je me flatte d’être l’un d’entre eux, il n’y a pas que des ignorants, mal formés et peu au fait des arcanes du thomisme.
      il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles: Un Rostand, un Pflüger, un Cellier, un Lorans,etc…apportent chaque jour la preuve de leur malfaisance.
      Ce monsieur Audet ne représente que lui-même

      • 4 octobre 2013 at 10:21

        Cher Fidelis,

        Comme déjà expliqué à travers cet article, à travers d’autres articles et en commentaire, nous constatons aussi la présence, bien que très ancienne, de libéraux haut placés.

        Vous reprochez notre ton, mais vous allez encore plus loin. Il ne suffit pas de jouer la fausse humilité par un « je suis un fidèle de base » pour être dédouaner de tout. D’ailleurs, les « fidèles de base » ne se soucient malheureusement pas des problèmes actuels dans la fraternité, ne viennent pas sur ce site et prennent encore moins le temps de commenter les articles.

        Vous voulez l’unité, mais vous conseillez aux gens de se séparer en petits groupes éparses. Ce n’est pas cohérent.

        Qui représentez-vous et par quelle fonction (chef, porte-parole, etc.) ?

        Merci néanmoins d’avoir pris du temps pour laisser un message. N’hésitez pas non plus à nous contacter par mail (contact@stageirites.fr)

      • edch
        8 octobre 2013 at 14:49

        Et vous, Fidelis, que représentez-vous?

        Je ne partage pas du tout votre impression sur le ton et le propos de M. Audet, je lui trouve au contraire le mérite de donner une argumentation rigoureuse, structurée et développée. On est loin de l’attaque gratuite et personnelle, ou des jugements superficiels, trop souvent présents chez les « résistants ».
        Sans être forcément d’accord, on en tire au moins des éléments de réflexion pour aller plus loin que la réaction première souvent peu rationnelle. La situation est plus complexe que vous ne semblez le penser.

Comments are closed.