Le quiétisme politique – Partie 3/3

La culpabilité du quiétiste en tant que moralement faible

Les apparitions sont reçues dans un sujet perméable

Les fausses prophéties ont surtout abondé aux époques de grands troubles politiques et religieux. Le p Poulain[1] y voit la conséquence de la surexcitation des imaginations et cite plusieurs véritables épidémies de prédictions correspondant à des périodes de crise. Les caractéristiques principales des prophéties anciennes et modernes sont celles-ci :

1. elles ne poussent jamais à la lutte directe contre les méchants ;
2. elles n’indiquent aucun moyen sérieux de leur résister ;
3. elles prédisent souvent que le monde va changer soudainement, par miracle : « une ère nouvelle est sur le point d’apparaître »[2].

 

L’apparitionisme n’est pas sans lien avec la paresse. Il est très facile de se laisser « consoler » psychologiquement par les « messages » que l’on interprète selon le sens qui nous convient ou selon la mouvance idéologique du biotope ecclésial dans lequel le sujet évolue. Les apparitions deviennent alors une sorte de coussin psychologique, une sorte de garantie intellectuelle de la droiture dans l’inaction, un palliatif merveilleux à la paresse individuelle qui cherche à se justifier.

 


Mais tous les quiétistes ne sont pas des « apparitionistes »

Les quiétistes sont souvent dépassés par la crise actuelle, ce qui génère une instabilité psychologique et mentale, un conflit entre le connaitre et le vouloir. Ils ne veulent pas croire ce qu’ils voient (la crise elle-même, mais surtout les exigences difficiles qu’elle impose en terme d’action), ils veulent courber le réel selon leur vue surnaturaliste, simpliste et quiétiste. Ce sont des idéologues.

L’âme humaine est en effet conçue par Dieu de telle manière que la volonté ne veuille que ce qu’elle connait. Il y a donc soit un défaut de perception, soit un défaut de jugement. Or, puisque nous parlons d’action vertueuse (celles que le quiétiste se refuse à poser), le rationnel est premier sur l’acte de vertu, quel que soit cet acte, et quelle que soit la vertu pratique que l’acte présuppose. Une défaillance au niveau de la raison (ou du connaitre, la raison au sens de capacité intellectuelle) entraine de graves conséquences lors de l’action. Mais le quiétiste est un cas pathologique plus pernicieux encore puisqu’il ne fera pas qu’agir inconsidérément ou de manière inadéquate, il n’agira pas du tout.

Le conflit psychologique dont nous parlions plus haut, né de la rencontre du donné « Crise politique et Crise religieuse» avec son idéologie, entraine chez le quiétiste une ablation de la puissance intellectuelle (enfermement sur lui-même et ses idées fausses, notamment apparitionistes). Il est déconnecté et désincarné du réel.

Le quiétiste veut la béatitude Hic et Nunc sans combattre. Déjà, hors de la crise, la béatitude qui présuppose la vertu demande un certain combat par la pratique des vertus. Lorsque cette difficulté naturelle est démesurément amplifiée par l’ampleur de la crise politique et religieuse, le choc qui en résulte conduit le quiétiste à l’idéologie pure et au désespoir.

 


Instance pratique : ceux qui ont combattu et tout abandonné

Une autre attitude du quiétiste consiste à regretter d’avoir un jour milité courageusement dans les rangs d’organisations « anti-systèmes » à cause de leurs impuissances ou de leurs échecs, pourtant simplement dus à une carence de ces dernières, confondues avec « la nécessité d’agir ». Beaucoup ont payé de leur personne et ont été scandalisés de l’échec total ou partiel de leurs efforts et de leurs sacrifices. Maintenant, ils sont simplement découragés.

Certains encore, sont victimes de « l’hagiographie contre-révolutionnaire » qui glorifient sans discernement des hommes, des doctrines, des actions politiques sans vouloir analyser les causes toutes humaines de leurs échecs comme s’il n’existait ni science politique ni erreurs politiques corrélatives.

Par conséquent, on en arrive au même aboutissement : il ne faut plus rien faire en politique ou, ce qui est moins grave, on en vient à agir à quelques occasions (manifestations Civitas, par exemple), mais sans viser le but politique qu’il serait raisonnable de vouloir atteindre.

 


 

Les causes profondes du quiétisme

Les causes profondes, bien antérieures à la crise religieuse du modernisme théologique, sont le sentimentalisme, l’individualisme (le personnalisme pratique), la perte de la pratique de la vertu et la paresse.

 

Le sentimentalisme

Il a tout envahi, dénaturant insensiblement la Foi, méprisant la raison (et par suite la science politique) et donnant ainsi libre cours à toutes les extravagances. On ne se porte plus vers ce qui est raisonnable – même la Foi est d’une certaine manière raisonnable ; on recherche ce qui peut plaire, ce qui réconforte. On retrouve notamment chez la gente féminine, et de manière moins prononcée chez le sexe fort, une attirance superficielle envers des saints (qui sont de vrais saints) dont on a monté en aiguille les attributs les plus émouvants. Nous pensons par exemple à Sainte Thérèse de Lisieux. Cette émulsion touche particulièrement les quiétistes lorsqu’ils portent aux nues des personnes ayant supposément reçu des « révélations ». Marie-Julie Jahenny, Marthe Robin, Anne Catherine Emmerick, Claire Ferchaud  n’ont pas été reconnues par le Magistère. Pourtant dans la bouche du quiétiste, ce sont autant de saintes figures dont il exalte les merveilleux et émouvants commerces et ou stigmates, jusqu’à les élever au-dessus même de la sainteté officielle des plus grands saints de l’Église. Ce caractère sentimentaliste est frappant, puisqu’au lieu de chercher dans la dogmatique les réponses aux questions soulevées par de tels personnages, le quiétiste sentimental ne s’arrêtera qu’au visuel, au ressenti, au « prodige ».

Le quiétisme politique se rattache donc manifestement à l’école sentimentaliste : selon le caractère de la personne, selon sa situation, elle imaginera l’avenir à sa façon en quiétiste optimiste ou pessimiste ; selon son tempérament, vers le châtiment ou vers l’ère merveilleuse à venir.

 


L’individualisme

Le quiétiste est le plus souvent un individualiste. Il est persuadé qu’il peut, à titre personnel, assurer son salut tant temporel que spirituel (puisque se croyant éclairé, il n’est plus comme le commun des mortels).

Au plan temporel, il pense souvent pouvoir se réfugier dans un lieu préservé du grand cataclysme ou bien échapper aux fléaux divins par des pratiques spéciales (par exemple, les extravagances des adeptes de « Stigmatisée  de La Fraudais » : tel village de Bretagne sera épargné dans le grand cataclisme, etc.).

Au plan spirituel, il a la certitude que la prière seule[3] le fera échapper au pourrissement moral et à l’apostasie générale que sécrète la Révolution[4]. En revanche, il se désintéressera volontiers du sort de son prochain[5], et en particulier des victimes actuelles ou à venir du Léviathan, qu’il se refuse à combattre (de toute façon, c’est bien fait pour ces apostats !). Il ne comprend pas qu’il risque lui aussi d’en être victime, à cause de sa présomption qui l’expose grandement à être abandonné par Dieu, malgré de vaines prières.

L’idée qu’il puisse être un animal social et politique, que les conditions de son propre salut et de celui de tous ses frères sont liées à des sociétés (d’une part, la communion des saints dans l’Église et d’autre part, la société civile sous l’autorité de l’État poursuivant le bien commun). Toutes ces réalités lui échappent.

 

Cette pathologie intellectuelle, cette dé-socialisation, cet individualisme a-politique conduit à des conséquences morales.

 


La perte de la pratique des vertus

La vertu est l’habitude du bien. Elle est opposée au vice, qui est l’habitude du mal. L’habitus est une qualité stable de l’âme qui dispose le sujet en bien ou en mal, soit en lui-même, comme la santé ou la maladie, c’est « l’habitus substantivus » ; soit par rapport à l’opération, comme le courage ou la lâcheté, c’est « l’habitus operativus ».[6]

Donc, en tant qu’habitude, le propre de la vertu est de porter au bien et de le faire pratiquer facilement. Une vertu est une disposition ferme et permanente de pratiquer les actes de cette vertu, tandis que l’acte que l’on peut poser à un moment donné n’est qu’un fait passager. Il suit de là qu’on peut faire un acte de vertu, de persévérance par exemple, sans posséder cette vertu, comme aussi on peut posséder cette vertu bien qu’on fasse quelquefois des actes qui lui sont contraires.

Les quatre vertus cardinales (ou naturelles) s’acquièrent par répétition de l’acte vertueux. Elles sont les quatre piliers des vertus naturelles. Il s’agit de la vertu de Prudence (qui règle la raison), de la vertu de Justice (qui règle la volonté), de la vertu de tempérance (qui règle la puissance concupiscible de notre âme, et donc règle les passions afférentes), et de la vertu de Force (qui règle la puissance irascible de notre âme, et donc règle les passions afférentes).

L’acquisition de ces vertus ne se fait pas sans un ordre. Il faut d’abord connaitre (et donc apprendre par l’étude et l’expérience) afin d’acquérir la vertu intellectuelle de Prudence. Dans un second temps, il faut concevoir la justesse de l’action que nous nous proposons de poser : travail de la Volonté pour la vertu de Justice. Dans un troisième temps, il nous faut développer la Force et la mesure nécessaire à l’action (Tempérance).

Le quiétisme est un système d’anti-vertu. Il est totalement dépourvu de la première des vertus, qui est la prudence. « La prudence est la droite raison de l’action comme il a été dit plus haut. Donc toutes les actions à faire sont ordonnées à la prudence comme à leur fin. Elle assigne donc leur fin à toutes les vertus morales. »[7]  En effet, il nie par principe la nécessité de l’action sur des prémisses idéologiques et non rationnels. Le processus vertueux qui commence par le travail de la raison est rendu impossible ; sa raison obscurcie par son idéologie empêche la naissance du processus vertueux.

Pire même, la complaisance dans la passivité se traduit par une accentuation du vice chez le quiétiste. Nous l’avons dit : toutes les vertus, de quelque nature qu’elles soient, peuvent s’accroître indéfiniment dans une âme. Les vertus morales naturelles s’accroissent par la répétition fréquente des actes qui les ont produites.

Quant aux vertus théologales et infuses, elles s’accroissent par l’augmentation de la grâce divine dans l’âme (tout ce qui augmente la grâce, soit les sacrements, soit les œuvres méritoires, augmente les vertus infuses[8]).

 

Devons-nous nous efforcer sans cesse d’avancer dans les vertus ?

Oui, car la droite raison nous fait un devoir de perfectionner en nous les dons naturels, et l’Esprit-Saint lui-même nous recommande d’avancer sans cesse dans la voie de la perfection.

 

Toutefois, les vertus peuvent non seulement diminuer, mais aussi se perdre.

Comme ces vertus sont acquises, elles peuvent diminuer. Cela se fait soit directement, par la répétition des actes qui leur sont contraires, ce qui peut non seulement les diminuer, mais encore les ruiner et les remplacer par le vice opposé (dans le cas du quiétisme, cette spirale infernale est le fait du déni de réalité) ; soit indirectement, par la cessation des actes qui ont produit ces vertus et les entretiennent : faute d’exercice, la bonne habitude languit et meurt.

Qu’on le veuille ou non, il en est de même avec les vertus infuses. Elles diminuent indirectement, par la cessation de leurs actes propres ou par les péchés véniels qui leur sont contraires, en ce sens que la volonté a moins de facilité d’user de l’habitude infuse et plus de disposition au vice opposé à ces habitudes.. Les vertus infuses se perdent directement lorsqu’on commet contre elles des péchés graves ; ainsi, l’incrédulité fait perdre la foi ; le désespoir fait perdre l’espérance, ce qui concerne en premier lieu le quiétiste ; tout péché mortel fait perdre la charité et les vertus morales infuses. Et également indirectement : lorsqu’on perd une vertu qui est le fondement d’autres vertus ; ainsi la perte de la foi entraîne la perte de l’espérance et de la charité ; mais la perte de la charité n’entraîne pas celle de la foi et de l’espérance, comme le montrent ces paroles de saint Paul : « Quand j’aurais toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, si je n’ai point la charité, je ne suis rien. » I Cor., XIII,2.

 


La paresse

Le quiétiste refuse de se battre sur le terrain même de l’adversaire et attend tout de Dieu. Le quiétiste optimiste attend l’ère nouvelle où tout ira bien sans avoir eu besoin de se donner grand mal ; le pessimiste attend le châtiment, qu’il est moins fatiguant d’évoquer devant ses amis plutôt que de vouloir l’infliger réellement aux méchants.

 


 

Deux constructions mentales du quiétiste 

La théorie du complot

On trouve régulièrement chez nos coreligionnaires l’attitude qui consiste à lire la réalité politique et religieuse actuelle à travers le prisme d’une théorie du complot. Entretenue parfois par des gens brillants (Alain Soral, Pierre Hillard, etc.), les analyses complotistes, apportent des données intéressantes, mais elles sont trop largement  caricaturées chez le commun des traditionnalistes. Pendant que les plus béats d’entre nous se réconfortent psychologiquement avec un « Louis XX » plus que contestable, les quiétistes, eux, verront en ce type de personnage ou dans les diverses structures « à contre courant » (FN, LMPT, etc.) un énième attrape nigaud créé par celui qui est censé tirer les ficelles du prétendu complot mondial dans le but d’occuper les gens de bonne volonté. Rien ne fait plus exception pour le quiétiste-complotiste.

Voilà parmi les éléments déjà énoncés un autre coussin psychologique du quiétisme : le complot. On ne pourra cacher que ce trait pernicieux, lorsqu’il touche un tradi, n’est pas sans se coupler de manière dramatique avec l’apparitionisme. On expliquera les différents « Secrets » de la Vierge Marie par l’analyse complotiste. Et la seule solution à la crise fomentée par le complot sera par exemple la Consécration de la Russie, et/ou le dessin du symbole vendéen sur un morceau de tissu !

Pierre Hillard, par exemple[9], malgré son éloquence et sa vaste culture n’arrive pas se soustraire à cette catégorie de quiétiste. Nous irons même plus loin. Dans ce cas précis, l’irrationalité qui consiste à croire aveuglément que seule une intervention divine, venue d’une peinture sur un tissu ou d’une prière du pape,puisse faire rentrer le monde dans l’ordre, n’est pas sans jeter le discrédit sur le reste de son discours. En effet, si la raison n’est pas capable de percevoir les principes de la science politique et de la théologie qui concerne ces faits, elle ne pourra davantage s’exercer avec justesse et de manière fiable sur des sujets plus complexes comme l’analyse politique de la crise actuelle.

 


Louis XX

Une nouvelle tendance a vu le jour dans les rangs de la tradition. La revue Famille d’abord[10] a produit dans son dernier numéro une interview de celui qu’on appelle dorénavant couramment Louis XX. Nous n’allons pas ici rappeler les diverses querelles qui ont coure entre les différents types de légitimistes qui infestent le débat politique de manière puéril depuis trop longtemps.

Nous rappellerons juste que le « salut de la France », toute métaphorique que puisse être cette formule, ne saurait s’incarner dans un individu « cavalier blanc » et encore moins du fait d’une légitimité contestable due à un quelconque lignage. L’homme politique légitime est celui qui poursuit le Bien Commun. Placer tous ses espoirs dans ce genre d’individu nous parait au mieux une matérialisation du quiétisme. On se console avec ce « Monsieur », certes fort sympathique, il faut le dire, sans songer un instant que le problème est légèrement plus vaste qu’une histoire de personne. Cette admiration inconsidérée envers Louis XX n’est qu’un autre exemple de l’erreur qui consiste à attendre que le pape fasse une prière ou que le Président de la République fasse un peu de peinture sur le drapeau. Le tissu et la prière ont simplement disparu au profit d’un homme en chair et en os. Le résultat est le même : ne faisons rien !

 


La fin du monde

La synthèse doctrinale du quiétisme dans un énoncé apparitioniste est le discours suivant : « la fin du monde est pour demain ». Voilà une doctrine des plus commodes pour ne rien entreprendre. Il suffit d’attendre encore quelques temps et tout sera fini.

On nous dira de savants calculs[11] basé sur les textes bibliques (Daniel notamment) et sur les fameux « secrets » de la Sainte Vierge Marie. On ira chercher dans de douteuses apparitions[12] les conclusions du système quiétiste. En fait, c’est la synthèse logique de tous ce que nous avons dit du quiétisme. La volonté de ne rien faire, l’apparitionisme, l’illuminisme, l’idéologie et la paresse s’unissent dans l’énoncé doctrinal érigé en démonstration du quiétisme lui-même qu’est l’approche de la fin du monde.

 


 

Conclusion : nécessaire retour au réel

Que le quiétisme provienne d’un enseignement surnaturaliste, apparitioniste, baïaniste, janséniste, complotiste ou qu’il soit l’achèvement pratique d’une simple paresse, il prend racine dans un mal unique : la négation du réel par l’obscurcissement de l’intelligence. L’intelligence est naturellement faite pour comprendre le monde. Elle est la substance du jugement et analogiquement elle est comme la substance des vertus. La vertu étant accidentelle à un sujet et n’existant que dans un sujet rationnel, il ne semble pas inadéquat de parler de substance rationnelle par rapport aux vertus. Et la raison c’est l’âme. Nous sommes des êtres (animaux) raisonnable.

Par-delà les conséquences lamentables du quiétisme que nous constatons depuis des siècles dans les rangs du « catholicisme », c’est l’apparition et l’entretien trans-générationnel du développement d’une pathologie psychologique gravissime auquel nous assistons.

Il faut absolument revenir aux principes du réel : ouvrir son intelligence au monde réel qui nous entoure. Travailler son intelligence selon les méthodes des penseurs « réalistes » qui ont exposé et expliqué comment procède la connaissance et comment concevoir  ce monde sans idéalisme.

Alors, dégagé du piège de l’idéologie et de la paresse intellectuelle, nous saurons peut-être lire « les signes des temps » avec plus d’objectivité : un million de manifestants dans la rue contre le mariage pour tous, une mobilisation maintenant assez forte et durable pour faire reculer le gouvernement (loi famille reportée au calanques grecques), les actions surprenantes d’Hollande-Démission, ou du Jour de Colère ; certains médias eux-mêmes sortent des sentiers battus : certains journalistes du Figaro ou de l’Express, quelqu’un comme Zemmour, ou une radio comme RMC, montrent que quelque chose se fissure dans l’omerta médiatique[13] ; l’émergence réelle d’un « cinquième pouvoir » constitué par les réseaux sociaux (naissance du printemps français et d’autres mouvements anti-systèmes, naissance de média indépendants[14]) est un signe encourageant, l’évolution même du Front National malgré ce que certains grincheux habituels en disent, n’est pas sans apporter un nouvel espoir : un sondage montrait en fin d’année 2013 que Madame Le Pen était l’opposante la plus crédible au pouvoir en place à 63%. Le monde change, et les tradis risquent bien de voir le train passer sans y prendre part.

 

Si nous prenions vraiment la résolution de revenir au réel en balayant l’apolitisme et le surnaturalisme, nous pourrions enfin envisager d’entreprendre une action politique vertueuse

 

Thomas Audet
Pour Stageiritès

 


 

[1] Ibidem, partie 1 et 2 du présent article

[2] Poulain A. sj, op cit p 364

[3] On ne sera pas étonné de remarquer que le quiétiste préfère son chapelet à la messe ! Alors qu’une messe est incomparablement plus efficace que des millions de chapelet !

[4] Au plan psychologique, pour mouvoir ce type de quiétiste vers l’action politique, il convient de mettre en doute la capacité de résistance de ses proches face à la Révolution victorieuse en lui présentant que : « recevoir en partage dès la jeunesse une éducation tournée vers la vertu est une chose difficile à imaginer quand on n’a pas été élevé sous de justes lois : car vivre dans la tempérance et la constance n’a rien d’agréable pour la plupart des hommes, surtout quand ils sont jeunes » (Aristote, Éthique à Nicomaque, X, 10)

[5] On retrouve ce trait de caractère dans la fuite des ultra-résistants de la FSSPX, faisant fi du salut des âmes de leurs correligionnaires.

[6] cf. DTC p.2753-54

[7] Somme Théologique, IIa-IIae, Q47, a6, 2.

[8] « Le sentier des justes est comme une lumière éclatante, qui s’avance et croît jusqu’au jour parfait. » Prov., IV ,18.

[9] Cf la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=H2kaQA0fFGw

[10] Le titre lui-même montre l’errance doctrinal du MCF… mais passons, ils font un travail pratique admirable, ne leur demandons rien de plus.

[11] Déjà tentés de multiple fois. Chez les tradis nous avons Louis de Boanerges, L’extraordinaire secret de la Salette, qui datait la fin du monde (1997). Par le passé, souvent lors de grandes calamités, les chrétiens ont cru à l’imminence de la fin du monde. Les disciples directs des apôtres eux-mêmes pour commencer, puis les chrétiens persécutés, puis lors de la chute de Rome, lors de la Réforme, lors de la Révolution, etc.

[12] Akita par exemple. Le blog Avec l’Immaculé nous semble avoir dirimé la question de manière assez décisive, malgré la forme peu académique du topo.

[13] Les Grandes Gueules sur RMC est une émission radio de 3 heures de direct fonctionnant en talk-show, dont RMC fait sa spécialité. L’émission de J.J. Bourdin qui la précède offre également régulièrement de quoi surprendre l’auditeur averti à cause justement de ce modèle. Sachez que le CSA refuse d’accorder plus de fréquences à RMC dans les régions non couvertes… Ces émissions traitent de l’actualité politique et permettent à tout un chacun d’intervenir à l’antenne et de débattre directement. Le Tradi, le Frontiste, le militant LMPT passent à l’antenne sans aucune censure devant plus de 2 millions d’auditeurs ! C’est le premier média qui compte un élu FN dans ses chroniqueurs réguliers : Gilbert Collard.

[14] La liste est longue et certaines productions sont extrémement intéressantes et réveillent les gens. Les gens sont doués d’intelligence. La Nature lutte contre l’abrutissement généralisé : Egalité et Réconciliation par exemple, est classé premier site internet politique en nombre de visiteurs ! Et ce n’est pas le seul site du genre.